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Où l'Exposition de 1900 se fera-t-elle?
Il y a juste six mois que la commission préparatoire instituée par le ministre du commerce et de l'industrie pour en déterminer l'emplacement a tenu, sous la présidence de M. Alfred Picard, président de section au conseil d'Etat, sa première séance, et rien n'est encore arrêté. Il n'est pas à présumer qu'une résolution définitive soit prise et soumise aux Chambres avant la fin de la législature actuelle. Nous ne serons donc fixés sur ce point, suivant toute apparence, que dans le courant de juillet.
La commission n'en a pas moins fait quelque besogne. Il lui a été présenté, depuis qu'elle a commencé à siéger, trente-deux projets d'emplacement, qu'elle a successivement étudiés.
Ces trente-deux projets, nous les avons divisés en quatre catégories, suivant que leurs auteurs ont choisi, pour y asseoir l'exposition de 1900, la banlieue, les fortifications, la zone limitrophe et l'intérieur de Paris, ou qu'ils s'éparpillent enfin, partie dans Paris, partie dans la banlieue et sur les fortifications.
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BANLIEUE
Nous avons, pour la banlieue, sept projets, dont nous énumérons les auteurs par ordre alphabétique :
1° M. Berlier. - Bois de Vincennes, terrains du polygone (500 hectares).
2° MM. Bernardet et Joly. - Rive gauche de la Seine, du pont de Clichy au pont de SaintOuen (261 hectares à prendre sur les territoires d'Asnières, de Gennevilliers, de l'île Saint-Denis et de Saint-Ouen).
3° MM. Devic et Pélissier. - Courbevoie (300 hectares).
4° M. Itasse. - Parc de Saint-Cloud.
5° M. de Mortillet fils. - Saint-Germain-en-Laye.
6° M. M Mursigmann. - Partie du bois de Vincennes qui s'étend autour et aux abords du lac Daumesnil.
7° M. Sevray. - Bois de Vincennes.
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FORTIFICATIONS ET ZONE LIMITROPHE
Cinq projets :
1° M. Baume. - Bois de Boulogne (entre les Portes Maillot et d'Auteuil).
2° M. Drouin. - Emplacement des fortifications, qui seraient supprimées, et de la zone militaire.
3° M. Mariette. - Emplacement du mur d'enceinte démantelé et de la zone militaire y attenante, entre l'avenue de Neuilly et la grande route de Paris à Saint-Denis.
4° M. Emile Saint-Lanne. - Les deux rives de la Seine au Point-du-Jour, les fortifications et la zone limitrophe entre la porte d'Auteuil et le pont de Sèvres.
5° M. de Tavernier. - Un coin du bois de Boulogne (70 hectares), les pépinières de la Ville, le fossé des fortifications et la zone militaire jusqu'à la berge de la Seine (Point-du-Jour).
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INTÉRIEUR DE PARIS
Seize projets :
1° M. Chapuis. - Rive droite de la Seine (côté gauche de l'avenue des Champs-Elysées et moitié de la place de l'Etoile). Rive gauche de la Seine (les rives en aval des Tuileries, les Invalides, le Champ-de-Mars).
2° M. Ducournaux. - Entre le pont Neuf et le pont au Double. Annexes au Champ de Mars, au Trocadéro, aux Champs-Elysées et à Vincennes.
3° MM. Falconnet et Dalbin.- Partie du jardin des Tuileries entre le prolongement de la rue de Castiglione et la place de la Concorde, palais de l'Industrie et Champs-Elysées jusqu'au quai de la Conférence, esplanade des Invalides, berges et quai d'Orsay, Champ de Mars (avec conservation de la tour Eiffel et de la galerie des Machines), Trocadéro. Seine couverte entre les ponts de Solferino et des Invalides.
4° M. Ferrand. - Même programme que le projet précédent.
5° M. Gauthier. - Champ de Mars, Trocadéro, Esplanade des Invalides, Cours-la-Reine, Seine couverte entre le pont des Invalides et le pont d'Iéna.
6° M. Géraudet. - Champ de Mars, Trocadéro, Invalides, palais de l'Industrie, quai d'Orsay, Cours-la-Reine, Seine couverte entre le pont de la Concorde et le pont des Invalides.
7° M. Guillemaut. - Quadrilatère formé par la place de la Concorde, la Seine, l'avenue d'Antin et les Champs-Elysées. Esplanade des Invalides, Cours-la-Reine, berges de la Seine et quai d'Orsay jusqu'au pont d'Iéna. Champ de Mars. 8° M. Jeandelle. - Palais de l'Industrie, partie des Champs-Elysées et du jardin des Tuileries, Cours-la-Reine, quai d'Orsay, Invalides, Trocadéro, Champ de Mars (avec conservation de la tour Eiffel et de la galerie des Machines), Seine couverte des Tuileries au Champ de Mars.
9° M.Langlois. - Champ de Mars, Trocadéro, palais de l'Industrie. Emplacements sur le Cours-la-Reine et le quai de Billy, entre le pont de la Concorde et le pont d'Iéna.
10° M. Masson. - Champ de Mars, Trocadéro, emplacement occupé actuellement par l'EcoleMilitaire et ses annexes.
11° M. Rolin. - Champ de Mars, Trocadéro, Invalides, palais de l'Industrie, Seine couverte depuis l'angle du jardin des Tuileries (côté de la place de la Concorde) jusqu'au droit de l'avenue de Suffren.
12° MM. Pisson et Develay.- Champ de Mars (avec adjonction des terrains compris entre le quai de Grenelle, l'avenue de la Motte-Piquet et l'avenue de Suffren), Trocadéro, esplanade des Invalides. Quai entre le Champ de Mars et les Invalides. Conservation des palais existants, sauf ceux des Arts libéraux et des Beaux-Arts, qui seraient démolis.
13. M. Sautereau, - Champ de Mars, Invalides, palais de l'Industrie, tous les emplacements de l'exposition de 1889, plus : rive droite et rive gauche de la Seine à l'aval du Trocadéro et du Champ de Mars et des surfaces suffisantes à exproprier; terrains à utiliser plus tard pour créer une gare terminus du réseau de l'Etat, une gare centrale du Métropolitain, une gare de transit et un port.
14° M. Tellier. - La Seine couverte dans la traversée de Paris.
15° M. Lethorel. - Tous les emplacements de l'exposition de 1889, plus: le carrefour d'Antin, le Cours-la-Reine, la place de l'Alma, le quai de Billy, le dépôt des phares, le quai en aval du Champ de Mars jusqu'à la passerelle de Passy, le quai de Grenelle, l'île des Cygnes, une partie de l'avenue de la Motte-Piquet, une partie du boulevard des Invalides et une partie du boulevard de la Tour-Maubourg.
16° M. Serrault. - Le parc des buttes Chaumont et les terrains contigus entre l'avenue Laumière, les rues de Meaux et Bolivar.
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PROJETS MORCELÉS (PARIS-BANLIEUE)
1° M. Casalonga.- Exposition à centres multiples dans l'intérieur et autour de Paris, en contact avec la Seine et le chemin de fer de Ceinture.
2° M. Grin. - Enceinte de Paris ; mais sans désaffecter les fortifications, et emplacements divers : Champ de Mars, parc de Montsouris, Point-du-Jour, etc.
3° M. Guérin. - Emplacements disséminés : une zone résultant de la suppression des fortifications ; la Seine, couverte ou non, entre le viaduc d'Auteuil et le pont d'Iéna ; le parc de Montsouris ; la Seine, à Bercy ; le bois de Vincennes (plaine et lac Daumesnil); accessoirement, terrains libres à Montreuil, Bagnolet, Pantin, etc.
4° MM. Pinardi, Naulet et Gervais. - Champ de Mars et nouveau champ de manœuvres d'Issy, reliés par les berges de la Seine et par le fleuve lui-même.
Tel est l'ensemble des projets proposés. On ne les trouvera pas tous indiqués sur la carte ci-jointe, faite surtout en vue de permettre au lecteur de comparer entre-elles les surfaces et de se rendre compte des facilités d'accès que présenteraient, par la voie ferrée, les emplacements éloignés du centre. Nous y avons pourtant indiqué un projet dont il a été parlé dans la presse, mais qui n'a pas été soumis à la commission : le projet Antonin Proust (avenue du Trocadéro et partie du bois de Boulogne, de la Muette au lac supérieur).
On n'attend pas de nous que nous donnions de chacun des projets présentés une analyse méticuleuse et complète. Ce travail ne serait pas seulement fastidieux, il serait irréalisable. La plupart, en effet, des projets ne sont que des projets d'emplacement, et leurs auteurs n'ont guère étudié, outre les raisons qui pouvaient motiver leur choix, que la question très importante des transports. Quant à l'aperçu détaillé, quant aux groupements intérieurs, quant à la classification des produits, quant aux dispositions générales qu'ils entendent adopter, leurs idées ne sont pas encore arrêtées, ou du moins les mémoires qu'ils ont présentés ne portent pas trace de ces préoccupations. Un petit nombre seulement se sont attachés à prévoir tout à l'avance, et nous ne nous occuperons nécessairement que de ceux-là. Nous nous bornerons donc, pour la majorité des projets, aux indications générales que nous venons de fournir et nous retenons, pour en parler avec plus de détails, cinq projets : ceux de MM. Emile Saint-Lanne et de Tavernier pour Auteuil, de MM. Falconnet et Dalbin pour les Tuileries, les Champs-Elysées et le Champ de Mars, de M. Berlier pour Vincennes, de MM. Devic et Pélissier pour Courbevoie.
Nous laisserons les auteurs en exposer eux-mêmes l'économie, exception faite pour le projet de Tavernier, que M. de Tavernier s'est refusé à nous développer lui-même.
Aux lecteurs maintenant de juger, de comparer et de formuler leur avis, que nous leur serons reconnaissants de nous donner et que nous nous empresserons de publier, pourvu que cet avis soit sérieux et suffisamment motivé.
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PROJET SAINT-LANNE
Le projet Emile Saint-Lanne occupe l'espace compris, sur le mur d'enceinte et au delà, entre la porte d'Auteuil et la porte de Sèvres. L'auteur prend la Seine pour base d'opération. Il propose d'y construire un pont-terrasse en forme d'X et de proportions grandioses. Le pont-viaduc du Point-du-Jour, surmonté d'une immense arche triomphale marquerait la principale entrée de l'Exposition, par le fleuve. En face du pont, sur la rive de Billancourt, s'étendrait la place des Nations, large de 200 mètres, sur 400 de profondeur, découvrant au fond le palais de l'électricité, qui ferait face à l'avenue de Versailles. Au centre, le pavillon d'honneur, où s'ouvrirait l'Exposition. Autour de cette place rayonneraient les expositions étrangères, auxquelles serait réservée une surface d'un tiers plus grande que celle qu'elles occupaient en 1889. Chaque nation exposerait chez elle tous ses produits, industriels et artistiques, de façon que le palais français serait exclusivement réservé à l'industrie française.
L'auteur, après avoir exposé la supériorité de son projet au point de vue des moyens de transport, le décrit comme suit :
... Pénétrons dans l'Intérieur de l'Exposition. Sur le pont en. X, l'harmonieux repère des lignes nous donne instantanément la clef de la combinaison générale. Dans la ligne descendante du fleuve, rien n'arrête ni ne masque la vue délicieuse des coteaux de Meudon et de Sèvres. De tous les autres côtés, mille pavillons divers dressent leurs silhouettes variées, à travers les mâts et les tourelles des navires, tandis qu'à nos pieds un port d'un caractère unique est en mouvement, traversé de temps en temps par le touage, les remorqueurs à vapeur, les bateaux hirondelles, et n'offrant aucun obstacle au service du plus important des ports de France. De ce même point, nous voyons, sur la rive droite, l'immense place des Nations que continue un parc trois fois plus grand que le jardin des Tuileries, la route de Versailles ne nous est pas un obstacle à franchir. Elle a été transformée en un viaduc, sous lequel les promeneurs visitent l'exposition de pisciculture. Le palais de l'électricité la franchit sur une ou plusieurs arches de 7 mètres de hauteur, tellement colossal au-dessus d'elles que ces ouvertures dans sa base ne s'aperçoivent pas plus que les passages pratiqués dans les ailes du Louvre, pour accéder au Carrousel.
Le palais de la Ville de Paris s'élève près de la porte d'Auteuil, dans l'endroit dit "Fleuriste d'Auteuil". Le palais de l'électricité est à égale distance du palais de la Ville et de la halle de la mécanique, située sur la rive gauche, dans l'axe du pont en X. Ainsi se trouve rachetée l'irrégularité optique du terrain...
Un chemin de fer électrique aérien dessert l'Exposition. Les trains ne comprennent qu'une classe (la première !) et le prix est de 10 centimes. L'itinéraire est tracé de façon à faciliter la visite sommaire et superficielle de l'Exposition en dix-huit minutes.
Les fortifications ne seront pas nécessairement rasées, mais dissimulées par un travail de terrassement important, par la jetée de planchers recouverts de plaques gazonnées; on pourra également y faire des constructions légères, de caractère provisoire. Il restera encore un fossé qui sera occupé par une rivière artificielle, ou par le chemin de fer que la commission ministérielle se propose d'établir dans les fortifications, pour doubler la ligne d'Auteuil et la relier avec celle de Moulineaux-Invalides.
M. Saint-Lanne fait observer que les dispositions diverses de ses plans n'ont eu, dans son esprit, pour objet, que de montrer les multiples combinaisons auxquelles se prête l'emplacement. Il ne croit pas que l'Etat puisse abandonner 1'Exposition de 1900 à l'initiative privée; il estime, toutefois, qu'il devra faire sa part à l'ingéniosité de celle-ci.
Parmi les conceptions de M. Saint-Lanne, devant être livrées à l'exploitation d'une société financière, il faut d'abord citer la Tour-Ville.
Qu'est-ce que la Tour-Ville ? Une immense tour de pierre, d'une beauté architecturale incontestable, dont l'auteur montre une vue cavalière, due à la conception d'un des premiers maîtres décorateurs de notre temps, Ph. Chaperon, sera édifiée au milieu d'un carré de constructions monumentales. Cette construction, dans l'esprit de M. Saint-Lanne, a un caractère permanent. On n'en estime pas le devis à moins de 20 millions. On y trouvera un théâtre, des jardins d'hiver et d'été, des bains, des salles de lecture, de conférence, d'exposition.
Elle pourra loger 3.000 personnes. La Tour-Ville, c'est donc une tour au milieu d'une ville. Nous trouvons la même idée d'exposition habitée dans le projet de M. Berlier ; M. Saint-Lanne pense qu'il serait fâcheux de construire des hôtels provisoires, destinés à la démolition. Quant à l'objection tirée de la concurrence faite aux hôtels de Paris, il objecte que le total des voyageurs étrangers, - étrangers seulement -descendus dans les divers hôtels, a atteint en 1889 près de 330.000 personnes. Il faut multiplier ce nombre par 3 pour avoir le total de voyageurs venus des départements. Bien mieux, il estime que la Tour-Ville deviendra un lieu d'attraction, de plaisir et de villégiature pour les Parisiens eux-mêmes. La Tour-Ville sera-t-elle sur la Seine? Peut-être; M. Saint-Lanne s'attend cependant aux résistances des ingénieurs de la navigation. Il proposera, en ce cas, de la placer, partie sur le territoire d'Issy, partie à la pointe de l'île de Billancourt, par-dessus le petit bras de la Seine.
La Tour-Ville ne coûtera rien à l'Etat. Elle ne coûtera rien à la ville de Paris. Une société se charge de l'édifice à ses frais, dit M. Saint-Lanne. Il ne demande que des modifications de détail à apporter au caractère de la Société de garantie telle qu'elle fonctionna en 1889. Il fait observer que, dans son esprit, l'Etat reste l'administrateur, le constructeur, le maître souverain de son Exposition.
Mais il y a une expropriation de 75 hectares. La même société offre de garantir l'Etat contre tout risque de perte en lui reprenant, en fin d'œuvre, les terrains au prix qu'ils lui auront coûté.
Qu'est-ce que M. Saint-Lanne entend par le quartier des villes de France et celui des villes étrangères ? - Chaque ville de France est invitée à reconstituer la façade d'un de ses monuments, d'une maison historique, d'une fontaine célèbre, etc. Cet ensemble de reconstitutions artistiques est compris suivant une disposition par affinités provinciales. On vendra, dans les rues de ce quartier, les produits des industries spéciales des villes représentées; les débitants devront y porter le costume traditionnel. - Il en sera de même dans le quartier des villes étrangères.
Qu'est-ce que le quartier des Expositions libres ? C'est un espace de quelques hectares demandé par la Société de garantie pour' y établir une exposition libre, affranchie des conditions officielles.
Nous n'avons pas besoin d'insister pour que l'on aperçoive tout de suite la quadruple source à laquelle puisera la Société de garantie, fondée au capital de 30 millions, qui s'engagera, avec M. Emile Saint-Lanne :
1° A garantir l'Etat contre tout risque relatif aux indemnités.
2° A construire cette œuvre gigantesque que l'auteur du projet appelle la Tour-Ville.
Quant aux moyens de transport, cet emplacement est d'ores et déjà merveilleusement doté. Il est traversé par le chemin de fer de ceinture, qui a trois stations à ses portes, par le f1euve, par le prochain tramway à vapeur LouvreVersailles, par le chemin de fer des Moulineaux, qui longe la berge d'Issy, par quatre omnibus et tramways. Il convient d'ajouter enfin les voitures de courses, qui ont là pratique du service de la porte d'Auteuil.
M. Emile Saint-Lanne a étudié son projet jusque dans la classification des produits, dont il a publié un plan de remaniement complet. Il faut ajouter un détail qui ne manque pas d'originalité. L'auteur a prévu et fait étudier un projet de... gare des vélocipèdes. Il estime que le nombre des vélocipédistes visiteurs ne sera pas journellement inférieur à 10.000, et, dame ! il faut prendre des mesures pour loger les vélocipèdes !
Nous n'avons plus qu'un mot à ajouter à l'exposé de ce projet : c'est que M. Saint-Lanne a obtenu une demi-satisfaction avec le dernier rapport de M. de Tavernier, qui lui emprunte les deux tiers de sa superficie. Mais M. Saint-Lanne n'accepte à aucun prix qu'on occupe la clairière de Saint-Cloud et le champ de courses d'Auteuil, et la commission officielle y tient !

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PROJET TAVERNIER
D'après les renseignements que nous avons pu recueillir, le projet de M. de Tavernier comprendrait les surfaces suivantes :
Bois de Boulogne
| Pelouses et parties dénudées | 40 h.40 |
| Lac supérieur | 2 h.70 |
| Collection d'Auteuil (non livrées au public) | 5 h. 90 |
| Routes et allées | 8 h. |
| Parties boisées | 13 h. |
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70 h. : |
| Route départementale n° 29 | 2 h.60 |
| Pépinières et voies diverses | 18 h. |
| Surface à occuper entre le boulevard d'Auteuil et la Seine | 24 h.50 |
| Fossé des fortifications (entre les portes de Billancourt et du Point-du-Jour) | 2 h. |
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| TOTAL | 117 h.10 |
La route départementale n° 29 serait définitivement supprimée et remplacée par le boulevard d'Auteuil avec ouverture d'une nouvelle porte en prolongement de la rue Molitor.
On s'abstiendrait d'une façon il peu près absolue de tout abattage d'arbres dans le bois de Boulogne, de façon à conserver le caractère d'exposition dans un parc auquel on tient et de façon à donner aux visiteurs des parties où déjeuner sur l'herbe à l'ombre des arbres. On serait même vraisemblablement conduit à créer de ci de là de nouveaux bouquets d'arbres pour rester dans cette même conception esthétique.
D'ailleurs, les cent hectares environ entièrement privés d'arbres (et même souvent d'herbe comme le champ de courses d'Auteuil) suffiraient largement pour recevoir toutes les constructions nécessaires. Il est donc absolument faux de dire qu'on abîmerait le Bois, et d'autant plus faux que l'on sait avec quelle facilité on déplace et transplante les arbres ou l'on crée les pelouses.
Les entrées de l'Exposition sont indiquées sur le plan, sauf modifications de détail. Il n'y aurait ni entrée ni sortie sur le Bois proprement dit, de façon à éviter le soir des inconvénients faciles à concevoir.
Les vingt-cinq hectares environ compris entre le boulevard d'Auteuil et la Seine (dont une bonne partie par parenthèse appartient déjà à l'État) seraient occupés à titre temporaire seulement. La dépense serait donc insignifiante. Par conséquent, étant admise la possibilité d'une entente avec la Ville, on aurait simplement à. payer l'indemnité d'éviction de la Société des steeple-chases durant trois ou quatre années ; cette société pouvant temporairement se reporter sur un autre hippodrome, il ne peut y avoir lieu de ce chef à une indemnité considérable. On conçoit dans tous les cas qu'il ne saurait être question de rien chiffrer ici.
Les moyens d'accès seraient :
1° Comme chemin de fer la ligne de Ceinture et le doublement qui en va être effectué (indépendamment de tout emplacement d'Exposition) par le fossé des fortifications. Cette dernière ligne fournissant, pour ainsi dire, une gare continue dans toute la longueur de l'Exposition, assurerait une puissance et une commodité exceptionnelles d'évacuation. On voit sur le plan que les trains directs devant desservir l'Exposition auraient quatre pénétrations dans le cœur de Paris (Nord, Saint-Lazare, Invalides et même Cluny, et Montparnasse). Toute cette organisation ne coûterait pas un centime au budget de l'Exposition. On ne parle pas, naturellement, de toutes les lignes métropolitaines que l'on peut espérer voir réaliser d'ici à 1900 ;
2° Chemin de fer Berlier, allant du bois do Boulogne au bois de Vincennes, par la rue do Rivoli. La déclaration d'utilité publique n'est pas encore intervenue, mais la concession a déjà été votée par le Conseil municipal ;
3° Omnibus, voitures diverses et tramways avec les commodités que donne un front de 3 kilomètres longeant Paris, et d'extrêmes facilités de remisage dans les bastions même des fortifications, que franchiraient de distance en distance des passerelles ;
4° Bateaux avec deux vastes quais, l'un au pont Mirabeau, l'autre au Point-du-Jour, tous deux reliés à l'Exposition par des tramways électriques et des chemins de fer pour lesquels on a déjà des demandes de concession, bien entendu sans dépenses aucunes pour le budget de l'Exposition.
Tous les services spéciaux de l'Exposition (chemins de fer, bateaux, tramways, etc.) donneraient, moyennant le payement d'un seul ticket, l'aller, l'entrée et le retour.
Il n'a pas paru aux auteurs de ce projet que l'on pût dès maintenant arrêter une étude de détail quant à l'organisation intérieure, à la répartition des constructions, etc. Ce serait prématuré, puisqu'on ne sait suivant quelle formule seront groupés les produits exposés (par nature, par pays, etc.). Tout ce qu'on peut dire, c'est que les expositions maritimes et fluviales seraient naturellement disposées le long de la Seine avec le vaste bassin rempli d'eau que l'on créerait dans le fossé des fortifications. Vraisemblablement on édifierait le palais des beaux-arts et le palais de l'électricité sur la butte Mortemart et à l'emplacement des collections d'Auteuil, c'est-à-dire aux points d'où 1'on a les plus belles vues sur Paris et la vallée de la Seine. Le lac supérieur et ses abords recevraient les produits et les exhibitions exotiques ; notamment on pourrait sur le lac faire une sorte de reproduction de la rivière de Canton avec bazars dans des jonques, etc. Quant aux galeries de machines, d'industries diverses, d'agriculture, etc., elles seraient réparties sur les immenses surfaces dont on disposerait. Mais ce ne sont là que des indications générales. Ce qui est incontestable, c'est que, avec un tel cadre, avec une semblable superficie, on n'aurait nul embarras pour réaliser une Exposition donnant satisfaction à toutes les préoccupations, esthétiques ou autres.
Toutes les constructions seraient - dans la mesure compatible avec la solidité indispensable - des constructions légères, et, par conséquent, économiques. Toutes, sans exception, disparaîtraient impitoyablement à l'issue de l'Exposition, de façon à permettre le rétablissement de l'hippodrome d'Auteuil et du bois de Boulogne que l'on agrandirait, sans qu'il en coûtât rien à la ville de Paris, de 25 hectares jusqu'au boulevard d'Auteuil. Ce qui manque au bois de Boulogne, la seule chose qui lui manque peut-être, c'est la vue. Or, précisément dans cette zone nouvelle qu'on annexerait au Bois, on dispose de vues délicieuses sur la vallée de la Seine et les hauteurs de Meudon et de Saint-Cloud. Il y a là une région qui ne tarderait pas à être une des promenades favorites de la population parisienne. Quant à vouloir garder des constructions quelconques de l'Exposition de 1900, les auteurs du projet du Bois-de-Boulogne-Auteuil y sont absolument opposés, estimant qu'il vaut mieux rester sur une apothéose que de recommencer le lamentable aspect des palais inoccupés du Champ de Mars.
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LES PROJETS D'EXPOSITION
sur les fortifications et sur la zone militaire
Nous avons classé dans la même catégorie que les projets Saint-Lanne et de Tavernier ceux qui installent sur les fortifications et sur la zone militaire l'Exposition future. La commission, au premier examen, s'y est montrée défavorable. Les solutions proposées dans ce sens ne sont pourtant pas toutes négligeables, et nous trouvons, en particulier, fort curieuse celle que M. Mariette, architecte, frère du célèbre archéologue Mariette-Pacha, préconise.
La voici :
Le terrain obtenu par la désaffectation de la zone militaire et la démolition du mur d'enceinte entre l'avenue de Neuilly et la grand'-route de Paris ; à Saint-Denis formerait une plaine d'un seul tenant de 6 kil. 600 mètres, sur une largeur minima de 360 mètres, qui est parfois portée à 500, 600 et 700 mètres.
La continuité même du terrain, sur une bande relativement étroite, aurait, dit M. Mariette, l'avantage de prêter au développement architectonique par une série de constructions bâties parallèlement dans une sorte de crescendo et de decrescendo fort décoratif. L'avenue monumentale, ainsi tracée, permettrait de grouper ,chaque industrie dans des pavillons successifs et favoriserait la comparaison entre chaque pays, pour cette industrie seulement. En renonçant, par suite, au système des groupements internationaux, invariablement suivi jusqu'à ce jour, on assurerait l'originalité de l'ensemble et le profit des enseignements à tirer.
L'auteur du projet estime également que, par suite de la démolition des murs d'escarpe et de contrescarpe, on obtiendrait un cube de 300.000 mètres cubes de matériaux à pied d'oeuvre, applicables à de nombreuses constructions. Dans l'exposé de son projet, M. Mariette consacre une place importante à la navigation. Le fossé des fortifications, long de sept kilomètres, large de quinze à vingt mètres, susceptible d'être élargi à volonté par un simple jet des terres rapportées du glacis dans la cuvette trop profonde, coupé à distances régulières de vastes échancrures au droit des courtines, est appelé, selon lui, à former une des plus puissantes attractions que l'on puisse imaginer. Grâce au mouvement étudié des terres, à la courbure déjà imprimée au fossé, l'illusion d'une fraîche rivière ombragée d'arbres, dominée par des buttes pittoresques, traversée par des ponts artistiques, sillonnée par des mouches faisant continuellement la navette d'un point à l'autre, marquée de place en place par des ports où viendraient s'abriter les flottilles, on formerait un tableau sans égal et l'on multiplierait à l'infini les moyens de circulation intérieure.
L'adoption de ce projet constituerait évidemment pour les populations ouvrières du nord de Paris, jusqu'ici peu favorisées sous ce rapport, une puissante compensation dont les communes suburbaines annexées profiteraient également. De même que certains quartiers opulents donneraient directement sur l'Exposition, nombre d'autres verraient tout à coup leurs rues populeuses et affairées communiquer avec la « Promenade du XXe siècle ", - par opposition à la World's Fair de Chicago, - et bénéficier intellectuellement et matériellement de ce raccord inattendu.
PROJET DE M. J.B. BERLIER
A VINCENNES
MEMOIRE DE M. BERLIER _______
L'Exposition de 1900 doit être l'apothéose du siècle qui vient de s'écouler. Pendant cette période, l'industrie a pris un tel développement qu'il a été difficile de marquer ses immenses et bienfaisants progrès. Il faut donc que notre Exposition universelle prochaine fasse plus grand et plus beau que tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour.
Nous avons en France, à Paris, tout ce qu'il faut pour réaliser une merveille venant couronner dignement ce que le génie de l'homme a bien pu créer en un nombre d'années relativement restreint.
L'emplacement
La première solution à apporter est le choix de l'emplacement où devra être portée notre Exposition. Je n'hésite pas à dire qu'en cette circonstance il faut avoir de très grands espaces et je n'ai trouvé que le bois de Vincennes, à proximité de Paris, pouvant donner une superficie suffisante de terrains libres.
Des bois merveilleux sont plantés pouvant aider beaucoup au pittoresque de l'Exposition. Tous ces terrains sont la propriété de l'Etat ; il n'y a donc, de ce chef, aucune dépense à faire, ni aucune expropriation.
En outre, les pépinières qui seraient à supprimer pourraient être transportées à peu de frais et servir aux plantations des avenues et massifs intérieurs de l'Exposition.
En prenant une partie seulement du bois de Vincennes, comme mes plans le comportent, je puis disposer de 560 hectares.
L'Exposition de 1856 occupait un espace de 10 hectares, celle de 1867 15 hectares, celle de 1878 50 hectares et celle de 1889 couvrait une superficie totale de 80 hectares.
C'est donc une surface de terrain sept fois plus considérable qu'en 1880 et, s'il plaît à l'Etat de faire plus grand encore, il en a toutes les facilités sans bourse délier.
L'hygiène
Je me suis placé aussi au point de vue de l'hygiène publique. Cette question, qui n'a pas été assez étudiée ni réservée dans les Expositions précédentes, aurait pleine satisfaction.
Sur un espace aussi vaste, très aéré, entouré de bois et d'eau, les masses pourraient s'y mouvoir, sans danger d'y apporter les germes d'une épidémie.
Construction de chemins de fer et moyens de transport pour desservir l'Exposition de 1900 au bois de Vincennes, on peut établir les moyens de communication de la manière suivante :
1° Les chemins de fer. - Pour organiser un service absolument régulier, il faut établir une troisième voie sur le chemin de fer de ceinture ; cette troisième voie partira de la gare Saint-Lazare jusqu'au raccordement avec les lignes à construire pour la traversée du bois de Vincennes. Il sera fait également des lignes de raccordement facile pour la gare Saint-Lazare, la gare du Nord, la gare de l'Est. Pour ce qui est de la rive gauche, les deux voies existantes suffiront pour desservir les gares Montparnasse, de Sceaux, d'Orléans et de Lyon.
On établirait six voies pour raccorder le chemin de fer de ceinture à l'Exposition. Ces six voix traverseraient le bois de Vincennes en partie souterraine et iraient se raccorder. avec le chemin de fer de Vincennes à Nogent.
En apportant toutes ces modifications au chemin de fer de ceinture et cette création de voies dans le bois de Vincennes, on peut établir un départ par minute en raison de ce que les trains se dirigeront tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche, tantôt sur le chemin de fer de Vincennes.
Etant donné que chaque train peut transporter 1.200 voyageurs, on peut donc évacuer de ce chef 72.000 personnes par heure.
2° Le tramway tubulaire peut établir des trains toutes les minutes ; chaque train porte 200 voyageurs, ce qui constitue un chiffre de 12.000 personnes par heure.
3° Les tramways. - Cinq lignes existent actuellement. Ce sont : Louvre-Cours de Vincennes, Louvre-Vincennes, Louvre-Charenton, Bastille-Charenton, place de la République-Charenton. Chaque voiture peut transporter 50 personnes. En admettant un départ toutes les deux minutes, nous aurons 1.500 personnes transportées par tramway et par heure, ce qui produit pour les cinq lignes 1.500 x 5 = 7.500.
Par ces trois moyens de transport, nous obtenons déjà un nombre de 72.000 + 12.000 + 7.500 = 91.000 voyageurs.
4° Nous avons également le service des bateaux qui a donné pendant l'Exposition de 1889 des résultats considérables au point de vue des transports. Pour établir un chiffre non discutable, je ne prendrai qu'une moyenne de 30.000 voyageurs par heure, ce qui porte à 120.000 le total des personnes transportées par heure par les moyens que je viens d'énumérer. Je laisse de côté tous les autres modes de transport qui seront crées par les particuliers et ils seront nombreux.
On voit par là que les moyens de transport seront plus que suffisants pour desservir les masses, soit à l'aller, soit au retour de l'Exposition.
Coût de l'établissement et de la réfection des chemins de fer
Comme je l'ai dit plus haut, il faut ajouter une troisième voie à la ligne de ceinture entre la gare Saint-Lazare et le bois de Vincennes. afin de pouvoir faire circuler des trains directs à grande vitesse, sans, pour cela, entraver la marche du service actuel.
Pour établir cette troisième voie, pour apporter au chemin de fer de ceinture les réfections nécessaires pour les raccordements faciles avec toutes les grandes gares, une somme de 250.000 francs par kilomètre devra être dépensée; nous avons une longueur de 14 kilomètres, ce qui porte la dépense à 3.500.000 francs.
Pour établir les six voies traversant le bois de Vincennes en partie souterraine, comme nous n'avons aucune œuvre d'art à construire ni aucune expropriation à faire, le chiffre de 250.000 fr. par kilomètre est plus que suffisant. Nous avons 5 kilomètres, soit 1.250.000 francs. Les deux chiffres réunis, nous trouvons une dépense totale de 3.500.000, + 1.250.000 = 4.750.000 fr., soit, en chiffres ronds, 5.000.000.
C'est une dépense qui, une fois faite, rendra un éminent service à ces lignes qui sont appelées à prendre constamment une plus grande extension.
Notice
Comme je l'ai dit plus haut, il faut un grand espace de terrain pour arriver à faire les choses d'une façon grandiose.
Le bois de Vincennes se prête admirablement à cette grande fête de l'industrie. Des bois en quantité et de l'eau en abondance qui donneront un côté pittoresque, unique et sans précédent.
On pourrait, au besoin, développer les bassins et lacs du bois pour y faire l'exposition maritime qui est chez nous d'un ordre secondaire.
Dans mon avant-projet, j'établis une prise d'eau sur la Marne avec un immense réservoir dans une partie élevée du bois (cote 72), ce qui me permettra d'alimenter toute l'Exposition, sans avoir rien à prendre à la consommation parisienne. Plus tard, on pourra utiliser cette usine pour l'alimentation de Paris.
L'Exposition étant d'une vaste étendue, on pourra autoriser la circulation des voitures de maître dans toutes les parties du bois, ce qui n'a pas encore été fait jusqu'à ce jour.
Avant-projet. - Exposé
Six voies ferrées partant du chemin de fer de ceinture, traversant le bois de Vincennes en partie souterraine et venant se relier au chemin de fer de Vincennes à Nogent-sur-Marne, seront établies pour faire circuler les trains desservant tous les points de Paris.
Une gare monumentale, au centre, sera, pour mon projet, ce qu'on peut appeler le clou de l'Exposition.
Gare
Cette gare, placée au centre de l'Exposition, serait un immense hall de 110 mètres de diamètre et de 100 mètres de hauteur enveloppé d'une galerie circulaire extérieure de 20 mètres de largeur aboutissant à quatre pavillons pour l'entrée et la sortie des visiteurs.
Cette gare, merveilleuse de grandeur et d'aspect, serait construite en fer avec décoration en terre cuite et faïence émaillée. Placée au milieu même de toutes les constructions, elle offrirait une nouveauté appréciable, car, par ce moyen, on aurait peu à marcher, malgré l'immense étendue des bâtiments.
Les sorties, de la gare sont placées de façon à offrir à la vue des visiteurs :
Celle de l'Ouest, le bois de Vincennes;
Celle du Nord, le pavillon de la Russie;
Celle de l'Est, le motif milieu du pavillon des Machines;
Celle du Sud, le pavillon de la Ville de Paris.
| | mètres |
| La surface occupée par cette construction serait de ........ | 20.000 |
| Les pavillons placés aux angles du Jardin planté autour de la gare serviraient à l'exposition des produits des manufactures de l'Etat, des objets provenant des musées nationaux et ceux de très grande valeur, pour lesquels une surveillance est indispensable. | |
| Ces pavillons, de chacun 90 mètres sur 90 mètres, donneraient ensemble une surface de ........ | 32.400 |
| L'Exposition des différents groupes serait située dans les quatre grands bâtiments rectangulaires de chacun 475m. x 225m., soit une surface totale de ........ | 427.500 |
La disposition permettant de sortir à chaque extrémité, soit sur l'avenue centrale de 50 mètres de largeur, soit sur les deux avenues de 100 mètres de largeur, situées au nord et au sud de ces bâtiments, faciliterait la circulation de la foule.
Palais des machines
Le palais des machines, à l'extrémité est de ces trois avenues, se composerait d'une immense nef de 1,000 mètres de longueur, 125 mètres de largeur et 90 mètres de hauteur, avec une galerie de 25 mètres de largeur pour cafés et restaurants.
Cette galerie aurait cinq motifs en façade : le motif du milieu correspondant à l'axe de la gare aurait 150 mètres de longueur sur 125 mètres de hauteur.
Ceux dans les axes des avenues, 90 mètres de largeur, et aux angles du palais des machines quatre pavillons de 50 m. x 50 m.
Sur la façade est de cette construction : deux bâtiments pour les machines de chacun 300 m. x 50 m.
| La surface du palais des machines et annexes serait de | | | | 118.000 |
| L'Exposition française située au sud-ouest comprendrait : | | | | |
| Le ministère de la guerre, | 250 m. | x | 100 m. | 25.000 |
| Les arts décoratifs, | 300 m. | x | 100 m. | 30.000 |
Le pavillon de la Ville de Paris, avec grand dôme en pans coupés de 80 m. X 80 m., ayant 100 mètres de hauteur, occuperait avec ses annexes une surface de | | | | 10.375 |
| Le ministère de la marine, | 200 m. | x | 50 m. | 10.000 |
| Le ministère des postes et des télégraphes, | 200 m. | x | 50 m. | 10.000 |
| Le ministère de l'agriculture, | 150 m. | x | 50 m. | 7.500 |
| Le ministère du commerce, | 150 m. | x | 50 m. | 7.500 |
| Le palais des beaux-arts, | 300 m. | x | l00 m. | 30.000 |
Les peintres-verriers. - Eglise en fer et vitraux que l'on pourrait éclairer intérieurement les jours de fête, avec des foyers électriques, | 125 m. | x | 50 m. | 6.250 |
| Le palais de l'électricité, | 125 m. | x | 50 m. | 6.250 |
| Les eaux et forêts, | 100 m. | x | 100 m. | 10.000 |
| L'Exposition coloniale, située au sud-est, comprendrait : | |
| Le pavillon de la Tunisie | 40 m. | x | 85 m. | 3.400 |
| Le pavillon du Sénéga1 | 65 m. | x | 65 m. | 4.225 |
| Le pavillon de la Guadeloupe | 90 m. | x | 35 m. | 3.150 |
| Le pavillon de la Cochinchine | 40 m. | x | 85m. | 3.400 |
| Le pavillon de l'Algérie | l00 m. | x | 75 m. | 7.500 |
| Le pavillon de la Calédonie | 85 m. | x | 25 m. | 2.125 |
| Le pavillon de la Martinique | 65 m. | x | 65 m. | 4.225 |
| Le pavillon du Tonkin | 130 m. | x | 45 m. | 5.850 |
| L'Exposition des puissances, située au nord, , comprendrait : | | | | |
| Le pavillon Egyptien | l00 m. | x | 40 m. | 4.000 |
| Le pavillon Indien | 110 m. | x | 50 m. | 5.500 |
| Le pavillon de la République du Salvador | l00 m. | x | 40 m. | 4.000 |
| Le pavillon de la République dominicaine | 122 m. | x | 50 m. | 6.100 |
| Le pavillon du Maroc | 85 m. | x | 40 m. | 3.400 |
| Le pavillon du Mexique | 125 m. | x | 50 m. | 6.250 |
| Le pavillon de la Chine | l00 m. | x | 50 m. | 5000 |
| Le pavillon du Paraguay | 80 m. | x | 40 m. | 3.200 |
| Le pavillon de la Russie | 160 m. | x | 85 m. | 13.600 |
| Le pavillon du Guatemala | 90 m. | x | 45 m. | 4.050 |
| Le pavillon de l'Uruguay | 90 m. | x | 40 m. | 3.600 |
| Le pavillon du Chili | 82 m. | x | 50 m. | 4.100 |
| Le pavillon de Roumanie | 80 m. | x | 45 m. | 3.600 |
| Le pavillon du Venezuela | 80 m. | x | 50 m. | 4.000 |
| Le pavillon de la République argentine | 80 m. | x | 50 m. | 4.000 |
| Le pavillon du Nicaragua | 95 m. | x | 32 m. | 3.010 |
| Le pavillon du Brésil | l00 m. | x | 50 m. | 5.000 |
| Total | | | | 927.090 |
Devant la façade ouest du palais des machines, deux grands bassins de chacun 150 m. x 225 m., avec fontaines et jets d'eau, occuperaient ensemble une surface de ..................................67.500.
Ces deux grands bassins permettraient de faire des jeux nautiques. Les spectateurs trouveraient des places sur la terrasse du palais des machines.
Une ville provisoire
Cette exhibition devant être aussi considérable à elle seule que toutes celles qui ont eu lieu jusqu'à ce jour, je crois qu'il est utile de créer sur place des moyens de vitalité pour les négociants, industriels, exposants, ouvriers, etc., qui ne pourraient pas venir tous les jours dans Paris.
Les visiteurs qui seraient trop fatigués pour rentrer dans la capitale pourraient trouver à se loger en payant un droit de séjour indépendant du prix d'hôtel.
Cette ville, située à l'extrémité est de l'Exposition, serait close une partie de la journée, le matin par exemple; elle serait rendue libre pour tout le monde et deviendrait le lieu de rendez-vous de tous les fournisseurs qui auraient à leur portée la gare des marchandises et les Halles. Cette ville, composée d'hôtels construits sur le type de différentes nations (voire des maison de quatorze étages, comme en Amérique), pourrait offrir une attraction nouvelle.
Les hôtels seraient bien aérés de chaque côté, placés qu'ils seraient sur de larges boulevards de 40 mètres de largeur.
Les rez-de-chaussées disposés en magasins se loueraient facilement aux industriels et exposants qui pourraient vendre sur place les produits de leur fabrication, ce qui n'a pas encore été permis à aucune Exposition.
Le jardin de la ville serait la partie de bois autour du lac des Minimes; il pourrait être ouvert au public dans la journée et servir également pour tes fêtes de nuit. C'est dans cette partie que nous établirions un aquarium gigantesque, les brasseries, bars, cafés, concerts, kiosques à musique, les laiteries, vacheries, promenades à ânes.
L'exposition d'horticulture y trouverait également un cadre admirable.
Cette partie de l'Exposition aurait un chemin de fer électrique venant de la ville et un chemin de fer souterrain se raccordant avec la gare centrale pour transporter les visiteurs après les fêtes de nuit sans qu'ils aient à pénétrer dans l'Exposition.
Les dimensions des bâtiments prévues sont :
| | | | | Mètres |
Gare de marchandises,
| Hôtels, | 340 | x | 25 | mètres | 8.500 |
| Hôtels, | 70 | x | 85 | mètres | 5.950 |
| Hôtels, | 225 | x | 25 | mètres | 5.625 |
| Hôtels, | 50 | x | 40 | mètres | 2.000 |
| Hôtels, | 70 | x | 60 | mètres | 4.200 |
| Hôtels, | 170 | x | 25 | mètres | 4.250 |
| Hôtels, | 100 | x | 30 | mètres | 3.000 |
| Hôtels, | 70 | x | 35 | mètres | 2.450 |
| | | | | | _________ |
| Ensemble | | | | | 35.975 |
| 200 | x | 100 | mètres | 20.000 |
| | | | | | |
| Soit pour la gare des marchandises. | | | | | 20.000 |
| Et pour les hôtels | | | | | 35.975 |
| Halles, | 50 | x | 105 | mètres | 5.250 |
| Théâtre, | 110 | x | 65 | mètres | 7.150 |
| Cirque, | 110 | x | 90 | mètres | 9.900 |
| Bureau d'octroi. | 25 | x | 50 | mètres | 1.250 |
| | | | | | _________ |
| Total | | | | | 73.675 |
| | | | | | |
| La surface totale de toutes les constructions serait donc de | | | | | 927.090 |
| Ville | | | | | 73.675 |
| | | | | | _________ |
| Total | | | | | 1.000.765 |
En 1889, les parties couvertes comprenaient une superficie de 400.000 mètres carrés environ.
Nous avons, de ce fait, 600.000 mètres carrés couverts de plus.
Où trouver aux environs de Paris un espace permettant une aussi grande extension de constructions ?
Résumé
Il n'existe pas, autour de Paris, un emplacement aussi vaste, aussi pittoresque et aussi bien aménagé. Les moyens de communication peuvent être considérables en établissant un chemin de fer passant au centre du bois. Toutes les gares de Paris peuvent organiser des trains se rendant au bois de Vincennes par le chemin de fer de Ceinture.
Le tramway tubulaire sera d'un grand secours, car il pourra amener le public du centre même de la capitale.
L'eau sera en abondance, la Marne peut en fournir une grande quantité sans nuire à sa navigation.
La situation est merveilleuse au point de vue de l'hygiène. Les terrains appartenant à l'État, , il n'y aura aucune indemnité, ni aucune expropriation.
Nota. - Au nord-ouest de l'Exposition, j'ai établi un projet de construction d'un des plus beaux quartiers de Venise au point de vue artistique : la Place Saint-Marc et la rue traversée par le pont des Soupirs.
Un grand canal de 12 mètres de largeur relierait les deux lacs des Minimes et Daumesnil et formerait devant la place Saint-Marc un immense bassin où pourraient évoluer, très à l'aise, les gondoles et bateaux divers qui feraient le trajet entre les deux lacs.
Des ponts artistiques seraient établis sur nombre de points pour relier les deux rives.
J.B. BERLIER
UN PROJET D'EXPOSITION AU CHAMP-DE-MARS
complété par une exposition à Vincennes
UNE GARE-TYPE D'EXPOSITION
On se rappelle que le conseil municipal, dans une des dernières séances qui ont eu lieu avant la réélection, à discuté les projets d'emplacement proposés pour l'Exposition de 1900 et s'est nettement prononcé en faveur du Champ de Mars. Le Conseil adoptait, en même temps le principe d'une exposition annexe qui serait installée à Vincennes.
Au cas où ce projet serait réalisé, on chercherait évidemment une combinaison qui permettrait le transport rapide de Vincennes au Champ de Mars et qui comporterait, avec l'entrée aux deux expositions, le billet de chemin de fer.
C'est à ce point de vue qu'un ingénieur civil M. Villain, s'est placé pour étudier un projet de gare-type d'exposition, combiné non seulement en vue de l'apport, mais de la dispersion rapide des grandes foules, projet qu'il a communiqué récemment à la Société des ingénieur civils.
A cette gare-type pour laquelle, quel que soi l'emplacement choisi, on trouverait aisément les surfaces nécessaires, on ferait aboutir, au moyen à la fois du chemin de fer de Ceinture et d'une grande artère traversant Paris en son milieu, latéralement à la Seine, les rails de toutes les grandes compagnies de chemins de fer.
La ligne pénétrante que propose M. Villain serait établie dans une galerie sous la chaussé des quais de la rive droite, et éclairée par des jours latéraux, pris du coté du fleuve au-dessus du niveau des plus hautes eaux.
Cette ligne se prolongerait à ses deux extrémités :
Vers l'est, au moyen des chemins de fer de Vincennes, de Lyon et d'Orléans ;
Vers l'ouest, au moyen, à la fois, de la ligne des Moulineaux et d'une ligne nouvelle qui suivrait, à partir de la place de l'Alma, les avenues du Trocadéro et Henri-Martin, jusqu'au chemin de fer de Ceinture, vers les lacs du bois de Boulogne.
La ligne qui traverserait ainsi Paris en son milieu et qui irait se souder, par ses deux extrémités, aux chemins de fer que nous venons d'énumérer, offrirait, dans toutes les hypothèses, un puissant moyen d'accès à une portion considérable, aussi bien de la population de Paris que celle de la banlieue, vers l'emplacement quelconque qui pourra être choisi pour la prochaine Exposition.
Comme on le voit, ce projet de gare ne vise aucun emplacement particulier : il peut être établi aussi bien à Auteuil qu'à Vincennes ou qu'au Champ de Mars.
La difficulté étant beaucoup plus grande pour ce dernier emplacement que pour les autres, M. Villain a choisi le Champ de Mars.
Dans cette hypothèse, c'est au Trocadéro que la gare-type serait établie, dans le sous-sol du parc. Toutes les installations en seraient souterraines.
Les voies ferrées partant de là se dirigeraient :
1° Vers l'Hôtel de Ville et les chemins de fer d'Orléans, de Lyon et de Vincennes, au moyen de la ligne latérale à la Seine dont nous parlions plus haut;
2° Vers les gares Saint-Lazare et du Nord et vers la Villette, par les chemins de fer d'Auteuil et de la Ceinture-Nord.
Extérieurement, la gare consisterait en deux bâtiments aussi peu apparents que possible, situés sur les deux côtés du parc du Trocadéro, en contrebas des pavillons d'aile du palais, l'un sur la rue de Magdebourg, l'autre sur le boulevard Delessert; elle consisterait, en outre, en quatre édicules situés, deux vers la partie inférieure du parc, à peu près il la hauteur de l'ancien pavillon du ministère des travaux publics, les deux autres, en bordure sur la grande allée qui réunit l'avenue d'Iéna et le boulevard Delessert. Ces diverses constructions abriteraient les escaliers et les galeries souterraines donnant accès aux voyageurs vers les quais d'embarquement du chemin de fer.
Ces quais, au nombre de neuf, auraient : le plus important, 400 mètres de long sur 10 de large; deux autres, 400 mètres de long, mais seulement 5 mètres de large; enfin, les six derniers 150 mètres sur 5. Ces quais couvriraient donc une superficie d'environ 14.000 mètres carrés, c'est-à-dire à peu près le double de la superficie qui est affectée, dans la gare Saint-Lazare, aux services de la banlieue et de la Ceinture.
Le développement des voies en bordure des quais de la gare-type du Trocadéro serait de 2,700 mètres; chiffre correspondant exactement au développement des seize voies de service de Ceinture et de Banlieue de la gare Saint-Lazare, et qui permettrait le stationnement de huit trains de vingt voitures et de huit trains de quinze voitures, et, par suite, l'embarquement simultané de 25.000 à 28.000 voyageurs. Ce chiffre pourrait même être doublé si l'on établissait sur la ligne de Ceinture et sur la ligne parallèle à la Seine deux voies au lieu d'une.
On adopterait, pour le chargement des trains, la formule que la Compagnie du Nord vient d'appliquer si heureusement à Chantilly et que des circonstances particulières permettraient même, au Trocadéro, d'améliorer.
RÉFLEXIONS GÉNÉRALES
Nous avons énuméré sommairement les projets présentés à la commission officielle chargée du choix de l'emplacement; nous avons mis les plus importants en relief : la tâche que nous nous étions proposée est remplie. A la commission, maintenant, de décider. Quelles préférences marquera-t-elle ? à quelle solution invitera-t-elle les Chambres à se rallier ? c'est ce qu'il est impassible de prévoir. Jusqu'à la dernière minute, un projet nouveau peut surgir. On parle même à l'Hôtel de Ville, tout bas, d'un projet que préparerait M. Bouvard, inspecteur général des services d'architecture de la Ville, et que le Conseil municipal patronnerait. Il s'agirait, comme dans le projet Pisson et Develay, du Champ de Mars agrandi par des achats de terrains et des expropriations; mais on n'a point de données plus précises et le tout, jusqu'à présent, n'a que la valeur restreinte d'un on-dit.
Si ce projet, néanmoins, venait à être présenté, nul doute qu'il n'eût quelques chances. La commission compte parmi ses membres un certain nombre de fonctionnaires qui dépendent du Conseil municipal et qui ne pourraient, sans nuire à leurs intérêts, refuser leur approbation à un projet dont l'initiative serait partie, officiellement ou non, du Conseil. Ces fonctionnaires, sans doute, sont en minorité, mais ils peuvent mener, près des hésitants de la commission, une campagne qui leur vaudrait assez d'adhérents peut-être pour créer une majorité.
Ajoutons ,que maintenant, plus que jamais, les idées de la commission sont flottantes. On y a constaté, au début, un courant d'opinions très marqué en faveur d'Auteuil-Bois de Boulogne. Sans la résistance que le Conseil municipal a montrée à l'adoption de ce projet, sans la menace qu'il a faite de se refuser à toute subvention si l'Etat choisissait, pour l'Exposition de 1900, un emplacement qui ne fût pas dans Paris, Auteuil-Bois de Boulogne aurait incontestablement réuni, depuis longtemps déjà, la grande majorité des suffrages. II peut les réunir encore, si la réélection des conseillers municipaux produit dans les dispositions du Conseil un changement. Mais ce changement ne s'est pas encore affirmé.
Quoi qu'il en soit, nous pouvons donner comme certain que la commission tient ferme au principe des expositions ramassées. Elle écartera donc, et nous pouvons en cela préciser nos indications de tout à l'heure, les projets disséminés, qu'ils comprennent des emplacements multiples et séparés par d'assez longues distances, ou qu'ils se composent, comme ceux de MM, Grin, Mariette, Lethorel, d'une ligne ininterrompue de constructions élevées sur les deux côtés d'une grande rue de plusieurs kilomètres.
Ces éliminations qui s'imposent éclaircissent-elles le problème ? Aucunement. La question reste entière, et la question est celle-ci. Sera-ce dans Paris, avec 120 hectares ? à Auteuil-Bois de Boulogne, avec des surfaces équivalentes, mais d'un seul tenant ? ou hors Paris, sur une étendue de 250 hectares à 500 ?
Nous serions heureux, sur ce point, de voir l'opinion publique s'énoncer : elle influerait, à n'en pas douter, sur le résultat final. Jusqu'ici, les éléments d'information lui ont manqué; dans ceux que nous lui apportons, elle trouvera de quoi se prononcer. Peut-on, après l'éblouissant succès de 1889, enfermer une exposition dans le même cadre ? Quelles modifications faudrait-il apporter à ce cadre pour faire neuf ? Est-il indispensable ou imprudent de faire très grand ? Peut-on, sans inconvénient, transporter à plusieurs kilomètres du centre l'exposition futur ? Doit-on se régler sur l'exemple donné à Chicago ? Doit-on s'en abstenir et viser, non à faire plus grand, mais à faire autre chose ? Autant de points d'interrogation que nous posons.
Le Temps 22 juin 1893
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