A propos de la question relative au papier-monnaie émis à Lunéville en 1870 (LXIX ; LXX, 9;LXXI, 32), et de l'article de M. Emile Berr paru dans le Figaro du 9 décembre 1914, il y aurait lieu, me semble-t-il de généraliser la question et de dresser dès à présent, la liste des Communes, Chambres de Commerce ou établissements publics ou privés qui, en raison des circonstances, ont émis pendant la guerre actuelle du papier-monnaie, ou de la monnaie obsidionale sous une forme quelconque. - Cette liste sera peut-être assez longue; je fais appel pour la compléter à nos collègues de l'Intermédiaire.
Dès à présent je signale les Villes et Chambres de Commerce de :
Bordeaux. - (Coupures de 2 fr.- 1 fr. - 0.50).
Nantes. - (Coupures de 2 fr. - 1 fr. - 0.50).
Rouen. - (Coupures de 2 fr. - 1 fr. - 0.50).
Elbeuf. - (Coupures de 2 fr. - 1 fr. - 0.50).
Louviers. - (Coupures de 1 fr. -0,50. - 0,25).
Epernay. - ?
J'ai lu aussi dans les journaux, mais je n'en ai pas la certitude, que les villes de Valenciennes et de Denain, actuellement sous la férule allemande, avaient eu également recours à des émissions de papier–monnaie.
De la Petite Gironde du dimanche 31 janvier 1915, à la chronique de la Haute Garonne :
Toulouse
La Chambre de Commerce a décidé de porter à un million l'émission de papier-monnaie de 50 centimes et de 1 franc. Elle examine les moyens de remédier par l'apport de pièces de 5 centimes et de 10 centimes l'insuffisance de le monnaie de billon constatée dans sa circonscription.
Chambre de commerce d'Alger (Délibération du 3 septembre 1914). Un million en coupures de 1 fr. échangeables contre des billets de la banque de l'Algérie.
La chambre de commerce de Toulouse et l'Union des chambres de commerce du Tarn ont émis des coupures de 1 fr. et de 0 fr. 50.
A ajouter à la liste des chambres de commerce ayant émis des coupures de 2 fr., 1 fr., 0 fr. 50 celles de Toulouse, de Carcassonne; ces dernières reproduisent au dos la fameuse cité.
A la première liste donnée par l'Intermédiaire du 20-30 janvier, des Communes, Chambres de Commerce ou autres qui ont émis du papier-monnaie pendant la guerre actuelle, il doit être ajouté à ma connaissance :
Belgique: 2 fr. (27 août 1914).
Bergerac : Coupures de 0 fr. 50.
Ville et Chambre de Commerce du Havre : Coupures de 2 et 1 fr.
Lyon : Coupures de 1 fr. seulement.
Mont-de-Marsan : Coupures de 1 fr. seulement.
Périgueux : Coupures de 2 fr., 1 fr., 0 fr. 50.
Je connais :
Chambre de Commerce d'Agen : Coupure de 2 francs, (Emission du 5 novembre 1914).
Chambre de Commerce de Calais : Coupure d'un franc,(Délibération du 22 août 1914).
Chambre de Commerce de Limoges : coupure de 2 francs, (Emission du 17 août 1914).
Je possède une coupure de un franc émise par la Chambre de Commerce de Béziers. C'est un petit billet bleu, encadré de rouge. Au verso, bleu encadré de noir, un raisin, avec cette mention :
Ce billet devra être présenté au remboursement avant le 1er octobre 1919, sauf décision prorogeant ce délai.
La Chambre de Commerce de Clermont-Ferrand a émis des coupures de 2 francs et de 1 franc. Ces papiers ont été retirés au mois de décembre.
La Chambre de Commerce de Marseille a émis des coupures de 2 et 1 fr., ainsi que de 0 fr. 50 cent.
Je crois que celle de Lyon a fait la même chose?
Mon fils, qui fait partie du groupe de T. S. F. affecté à l'Etat-Major du Général d'Urbal, en Belgique, m'a fait parvenir tout dernièrement deux coupures de papier-monnaie émises en raison de la guerre actuelle. La première de ces coupures est un billet de 1 franc de la série émise par la Banque d'Emission de Lille.
Le dessin de ce papier-monnaie, dans lequel figurent quatre petits amours, affecte une forme ovale qui rappelle les billets de la Banque de France.
L'autre est moins intéressant : c'est une coupure de 25 centimes de la Compagnie des Mines de Vicoigne et de Noeux (Pas-de-Calais).
Aux Chambres de Commerce signalées dans le numéro du 20-30 janvier, comme ayant émis des coupures de papier-monnaie, on peut ajouter la Chambre de Commerce d'Alger qui, dans sa séance du 3 septembre 1914, a décidé la création de coupures de 1 franc, échangeables contre des billets de la Banque d'Algérie.
La Chambre de Commerce de Marseille a émis de petites coupures de 2 francs, 1 franc, 50 centimes. Traversant Lille entre les deux occupations allemandes, j'y ai vu aussi des Billets locaux, les mêmes qu'à Marseille, me semble-t-il.
Dans le Douaisis, la Compagnie des Mines d'Aniche avait décidé la fabrication d'un papier-monnaie, qui aurait joui d'un plein crédit, à raison de la puissance de cette ancienne société, j'emploie le conditionnel, car je ne sais si le papier-monnaie a circulé. L'impression s'en terminait au moment de l'invasion du 21 août. Je n'en ai pas vu pendant la première occupation allemande, ni après l'évacuation jusqu'au 15 septembre. J'ignore ce qu'il en est advenu depuis la reprise de la ville par l'ennemi, le premier octobre.
Signalons encore :
Ville d'Epernay : Coupures d'un franc, de cinquante centimes et de vingt-cinq centimes, datées du 5 septembre 1914.
Chambre de Commerce de Lyon : Coupure d'un franc (Délibération du 14 août 1914).
Banque d'émission de Lille : Coupure d'un franc, datée du 17 août 1914.
J'ai vu aussi une coupure allemande d'un mark, datée de Berlin, le 12 août 1914.
Aux premiers jours de la mobilisation, et même avant la mobilisation, nous manquions de petite monnaie à St-Raphaël. Les petits billets de la Banque de France ne nous étaient point parvenus. La poste émit alors pour 1800 environ, des bons de poste de 10 fr., de 5 fr. et de 2 fr. remboursables dans les délais réglementaires, mais non immédiatement, c'est-à-dire au bout de deux mois; à fin septembre.
Ces bons avaient cours forcé, de par autorité municipale.
En réalité, ils disparurent de la circulation vers la fin d'août ou les premiers jours de septembre, quand nous parvinrent enfin, par le P..L..M., la Cie du Gaz et quelques maisons importantes, les coupures de la Banque qu'on allait chercher à Draguignan et à Toulon.
En 1870, la Chambre de Commerce de Caen a émis des coupures de cinq francs qui, à cette époque, ont rendu de bien grands services et qui ont été acceptées dans le pays sans aucune difficulté.
M. le Secrétaire général de la Chambre de commerce de Calais veut bien nous envoyer la réponse suivante :
Monsieur le Directeur,
A titre de renseignement je vous signale que la Chambre de Commerce de Calais a, en plus de la coupure de 1 franc indiquée dans le n° du 28 février, émis des coupures de 2 francs et de 0 fr. 50.
Veuillez agréer, etc.
Le Secrétaire général.
La Chambre de commerce de Nantes a émis, elle aussi, des petites coupures. Une coupure de 2 francs, émise par cette Chambre, est entre nos mains depuis l'année 1914.
Voici la liste des coupures citées précédemment dans l'Intermédiaire, ainsi que celles qui se trouvent dans la vitrine du Crédit Lyonnais à Paris (service du change) et celles que nous possédons :
Agen. Chambre de commerce, 2 fr.
Alger. Chambre de commerce, 1 fr.
Amiens. 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr., 5 fr.
Aniche (Nord). Compagnie des mines, 5 fr.
Belgique, 2 fr.
Bergerac, 0 fr. 50.
Béziers. Chambre de commerce, 1 fr.
Bordeaux, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Boulogne-sur-Mer. Chambre de commerce 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Calais. Chambre de commerce, 1 fr., 2 fr.
Carcassonne. Chambre de commerce, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Clermont-Ferrand et Issoire. Chambre de commerce, 1 fr., 2 fr.
Douai. Bons communaux, 2 fr., 5 fr.
Elbeuf, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Epernay, 0 fr. 25, 1 fr.
Le Creuzot. Etabliss. Schneider, 0 fr.50, 1 fr., 2 fr.
Le Havre. Ville et chambre de commerce 1 fr., 2 fr.
Lille. Banque d'émission, 1 fr., 2 fr.
Lille. Bons communaux, 10 fr.
Limoges. Chambre de commerce, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Louviers. 0 fr. 25, 0 fr. 50, 1 fr.
Lyon. Chambre do commerce, 1 fr.
Marseille. Chambre de commerce, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Mont-de-Marsan, 1 fr.
Nancy. Caisse municipale. 1 fr., 2 fr., 5 fr.
Nantes. Chambre de commerce, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Périgueux, 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr.
Reims, 0 fr. 10, 0 fr. 25, 0 fr. 50.
Roanne. Tissages Bréchard, 1 fr., 2 fr.
Rouen. Municipalité et chambre de commerce, 0 fr. 50. 1 fr., 2 fr.
Toulouse. Chambre de commerce, 0 fr. 50, 1 fr.
Vicoigne et Nœux (Pas-de-Calais). Compagnie des mines, 0 fr. 25.
La liste que j'ai communiquée à l'Intermédiaire, quoique prise à une source officielle, doit être rectifiée et augmentée.
Rectifications :
Au lieu de "Chambre de Commerce du Tarn" et "Chambre de Commerce" (Albi-Castres-Mazamet), lire "Union des Chambres de Commerce du Tarn" (Albi, Castres, Mazamet).
Au lieu de "Chambre de Commerce d'Epernay", lire "Ville d'Epernay".
Pour "Schneider et Cie au Creusot" supprimer le billet de 5 francs qui n'a pas été émis.
Au lieu de "Chambre de Commerce de Clermont-ferrand", lire "Chambre de Commerce de Clermont-Ferrand, Issoire".
Au lieu de "Chambre de Commerce d'Elbeuf", lire "Ville d'Elbeuf - Chambre de Commerce d'Elbeuf".
Au lieu de "Chambre de Commerce de Rouen", lire "Ville de Rouen - Chambre de Commerce de Rouen".
Observation général. - La plupart de ces billets portent la mention qu'ils sont garantis par un dépôt chez la Banque de France et remboursables au plus tard en 1919. D'autres semblent avoir été émis sous la seule responsabilité des villes ou sociétés. D'autres enfin ne sont qu'une monnaie de paie pour le personnel ouvrier équivalant à des Bons de consommation chez les fournisseurs.
Je compte pouvoir compléter ma collection sous peu et me tiendrai volontiers à la disposition des lecteurs de l'Intermédiaire que la question intéresserait.
Je signale: Périgueux, coupures de 2 fr. 1 fr. et 50 c. émises par la Chambre de Commerce de cette ville, pour les arrondissements de Périgueux, Nontron et Ribérac (Dordogne), verdâtre sur papier bistré, uniforme, de mauvaise qualité. - Bergerac 2 et 1 fr., 50 c, émis par la Chambre de Commerce de cette autre ville de la Dordogne; papier jaune brun. Inutile d'insister sur l'ennui que ces coupures causent aux habitants d'un même département, qui se les voient refuser aux bureaux de Poste, Chemins de fer, Perceptions, etc.. suivant que les localités dépendent de tel ou tel arrondissement.
Je possède dans ma collection le 50 c. et le 1 fr. de la Chambre de Commerce de Limoges (il doit y avoir un 2 fr. ) bleu sur rose. Je possède aussi le 1 fr. brun sur bleuté de la Banque d' émission de Lille (17 août 1914).
On sait que la Banque d'Algérie à émis un billet de 5 fr. bleu sur blanc, et qu'il y a deux types du 5 francs et du 20 francs de la Banque de France, valeur en noir et valeur en bleu.
Je serais heureux d'envoyer des coupures de Périgueux et de Bordeaux en échange de semblables d'autres villes.
Chambres de Commerce :
Agen. - Albi. - Alger. - Amiens. - Angoulème. - Annonay. - Arras. - Auch. - Bayonne. - Bergerac. - Béthune. - Boulogne-sur-Mer. - Bordeaux. - Calais. - Carcassonne. - Castres. - Clermont-Ferrand. - Elbeuf-sur-Seine. - Epernay. - Foix. - Laval. - Le Havre. - Lille.- Limoges. - Louviers. (Tous les bons de cette chambre de commerce mis en circulation, sont rentrés et ils ont été incinérés par conséquent introuvables). - Lyon. - Marseille. - Montauban. - Mont-de-Marsan. - Montluçon. - Nancy. - Nantes. - Périgueux. - Philippeville. - Reims. - Roubaix. - Rouen. - Saint-Etienne. - Toulouse. - Tourcoing. - Valenciennes.
Villes :
Bailleul. - Calais. - Denain. - Douai. - Glageon (Nord). - Lille. - Nantes. - Roubaix. - Tourcoing. - Valenciennes.
Communes de l'arrondissement de Valenciennes.
Banques privées :
Amiens. - Banque Duvette.
Lille. - Banque d'Emission.
Mines et Charbonnages :
Aniche.- Anzin. - Béthune. - Bruay.- Courrières; - Lens. - Liévin. - Marles. - Vicoigne.
Etablissements Industriels (Seine-Inférieure) :
Bolbec. - Baudin, Carault et Cie. André Forthomme et Cie.
Fauquet-Lemaltre. Manchon-Lemaitre. Desgenélais frères.
E. Tetlow.
Lillebonne. - Lemaistre frères.
Rouen.
La Caisse d'Epargne d'Angers donne à l'Administrateur qui préside chaque séance, un jeton d'argent.
Ces jetons d'argent étant épuisés, et vu l'impossibilité pendant la guerre d'en faire frapper, ils ont été remplacés par des jetons en papier d'un très joli aspect, à tirage en deux couleurs, rouge et noir. Dans un encadrement de baguettes enlacées de rubans est inscrit :
hauteur 0,075 mm.
larg. 0,100 mm.
Entre les mots "séance du" et "le Président" est frappé un timbre rond en relief, réduction de l'ancien jeton de la Caisse d'Epargne. Dans une couronne, une ruche entourée d'abeilles et pour légende :
CAISSE D'EPARGNE ET DE PREVOYANCE ANGERS
On s'est inspiré, pour le papier, le tirage et l'arrangement, du texte des billets de confiance de la ville d'Angers, émis sous la première République.
Grâce à nos infortunés compatriotes rapatriés par les Allemands ces dernières semaines, après la ruine ou l'évacuation forcée de leurs foyers, il m'est permis d'ajouter une page à l'enquête ébauchée dans 1'Intermédiaire sur le papier-monnaie né de la guerre.
Mes documents concernent tout uniquement la ville de St-Quentin.
A en juger par ce qui m'est passé sous les yeux, la municipalité de cette malheureuse cité à émis, depuis le début des hostilité jusqu'à aujourd'hui, et pour une somme représentant certainement plusieurs millions, deux types différents de coupures :
1° Des bons municipaux remboursables en espèces à vue sur présentation à la Recette Municipale trois mois après la signature de la paix.
(1ère émission : 3 août 1914).
(2e émission : 3 octobre 1914).
a) bon de 20 francs : papier bleu, dim. 135/79 mm.
b) bon de 2 francs : papier jaune, dim. 93/49 mm.
c) bon de 1 franc : papier gris, dim. id.
d) bon de 0 fr. 50 : papier bleu dim. id.
e) bon de 0 fr. 25 : papier blanc, dim. id.
2° Des bons de guerre remboursables sur présentation à la Caisse municipale six mois après la signature de la paix.
(une seule émission : 13 février 1915).
a) bon de 20 francs : papier jaune, dim. 128/82 mm.
b) 10 99/62 mm.
c) 5 -
d) 2 -
e) 1 -
Toutes ces coupures, détachées de carnets à souche et numérotées, sont signées du premier adjoint faisant fonction de maire : A Gibert, sauf les bons municipaux de 20 francs qui portent la griffe du conseiller municipal Larcher.
Aucune inscription n'y rappelle l'occupation allemande actuellement subie.
M. Albert Retout, avocat à Kalé (Algérie), nous adresse vingt coupures d'un franc, émises par la Chambre de commerce d'Algérie - elles sont d'une assez jolie composition.
Il nous demande de les proposer à ceux de nos collaborateurs qui font collection de ces vignettes, la somme produite par la vente de ces vingt coupures devant être affectée à une œuvre de bienfaisance militaire.
Qui d'entre eux, à la faveur d'un souvenir, veut participer à la bonne œuvre de notre collaborateur ?
Voici la liste à peu près complète du papier monnaie émis pendant la guerre.
Agen (chambre de commerce) 0 fr. 50 - 1 fr. - 2 fr.
Alger (chambre de commerce) 1.
Amiens (ville d') Banque Duvette 0,50 - 1 - 5.
Aniche (mines d') 1 - 2 - 5.
Angoulème. Chambre de commerce, 0,50. - 1 - 2.
Annonay (chambre de commerce) 0.50 - 1.
Bayonne (chambre de commerce) 0.50 - 1 - 2.
Beaucourt (Bons de consommation de Japy frères et Cie) 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 10.
Bergerac (chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Béziers (chambre de commerce) 1.
Bordeaux (chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Boulogne-sur-mer (chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Cahors (chambre de commerce) 0, 50 - 1.
Plus quelques numéros tirés en double par erreur et dont le numéro est suivi de la lettre W).
Calais (ville de) 5 - 10 - 20.
Calais (chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Carcassonne (chambre de commerce) 0,50 - 1.
Clermont-Ferrand, Issoire (chambre de commerce) 1 - 2.
Corrèze, Chambre de commerce, 0,50 - 1 fr.
Creusot (le) Etablissement Schneider et Cie., 0, 50 - 1 - 2.
Douai (ville de) 0,50 - 1 - 2 - 5 - 10.
Elbeuf (ville de - et chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Epernay (ville d') 0,25 - 0,50 - 1.
Ferté Macé (La) Orne - (Tissages Retour Frères) 0,50 - 1 - 2.
Jetons en carton portant la griffe à date du 29 août 1914 - de la maison Retour frères et signature à la main des gérants.
Gers (chambre de commerce) 0,50 - 1.
Havre (le) (ville et chambre de commerce) 1 - 2.
Lille (Banque d'émission de) 1 - 2.
Lille (ville de) 5 - 10
Limoges (chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Longwy (Sociétés des Aciéries de) ? ? ? 20 fr.
Louviers (ville de) 0.25 - 0.50 - 1.
Lyon (chambre de commerce) 1.
Marseille (chambre de commerce) 0,50 - 1- 2.
Montauban (chambre de commerce) 0.50 - l.
Mont-de-Marsan (chambre de commerce) 1.
Montluçon, Gannat (chambre de commerce) 0.50 - 1 - 2.
Nancy (ville de) 1 - 2 - 5.
Nantes (ville de) 0,50.
Nantes (chambre de commerce) 1 - 2.
Périgueux (chambre de commerce) 0.50 - 1 - 2.
Philippeville (?)
Reims (ville (?) ou chambre de commerce 0,10 - 0,25 - 0,50.
Roanne (Tissages A. Brochard de) l - 2.
Roubaix, Tourcoing (villes de) ? 5 fr. ? 50 fr.
Rouen (ville et chambre de commerce) 0,50 - 1 - 2.
Saint-Etienne (chambre de commerce) 1.
Tarn (union des chambres de commerce - Albi, Castres, Mazamet) 0,50 - 1.
Toulouse (chambre de commerce) 0.50 -1.
Etant en possession de tous ces billets, sauf ceux de Philippeville et Reims, je puis garantir l'exactitude de cette liste. Peut être y a-t-iI des villes omises, auquel cas je serais reconnaissant aux lecteurs de l'Intermédiaire de me les signaler. On m'a informé que les mines de Béthune, de Maries, de Bruay et de Vicoigne et Nœux avaient émis des billets de 2 fr. 1 fr. 0,50 et 0,25, mais je n'ai pu vérifier et encore moins m'en procurer.
Pour ajouter à la liste de MM. Saffroy frères :
Bayonne, Chambre de Commerce (Délibération du 16 Janvier 1915), 0 fr. 50, 1 fr. et 2 francs.
(Tarbes, Chambre de Commerce : 0 fr. 50, 1 fr. .
La chambre de Commerce du Gers a émis, en vertu d'une délibération du 18 novembre 1914, des coupures de 1 fr. et de cinquante centimes.
La chambre de Commerce d'Alger a émis aussi des coupures de 50 centimes au mois de mars 1915.
A ajouter à la liste de M. Quatrelles l'Epine les billets suivants dont je puis garantir l'existence, les ayant actuellement sous les yeux.
Aniche (mines d'). - 0 fr. 50.
Arras (ville et Ch. de C.) - 1 fr.
Libourne (Ch. de Commerce) 2 fr. 1 fr. 0,50.
Roubaix et Tourcoing (villes) - 1 fr.
Tarbes (Ch. de C.) - 1 fr. - 0,50.
Valenciennes (Communes de l'arrondissement de) - 2 fr. - 1 fr. - 0,50.
Il est assez curieux de constater qu'alors que certaines villes comme Louviers ont depuis quelque temps déjà retiré de la circulation tous leurs billets, ce qui fait supposer que la pénurie de monnaie a cessé; d'autres, au contraire, qui n'avaient pas émis de papier au début de la guerre en ont émis à des dates récentes ; par exemple Libourne dont l'émission date du 13 avril 1915.
Libourne (Gironde). (Chambre de commerce), délibération du 13 avril 1915, petits billets de 89 mill. sur 66 mill., de 50 cent, rouge, un franc, noir, et 2 francs, bleu : remboursables en billets de la Banque de France jusqu'au 15 mai 1920. Imp. litho. de Wetterwald. Bordeaux.
On sait qu'en 1870 certaines chambres de commerce et certaines villes ont émis du papier-monnaie, mais c'est surtout en 1791 que ce genre de monnaie fiduciaire a rendu d'immenses services et a retardé d'un ou deux ans la crise financière. Dans plus de mille municipalités il avait été créé des Caisses patriotiques qui ont mis en circulation plus de quatre mille mandats ou bons, connus de nos jours sous le nom de Billets de confiance, depuis un ou deux sols jusqu'à plusieurs livres. Il a été publié de très bonnes notices sur ces billets de 1791-1793, nous en avons donné une liste presque complète, une cinquantaine en tête de notre étude Les Billets de confiance émis par les caisses patriotiques du département de la Gironde (1791-1793), avec dix huit fac-similé, parue dans la Gazette Numismatique française, en 1913, avec tirage à part, in-8°, Jésus de 138 pages, Ernest Leroux, éditeur.
Tout ces billets de la Révolution sont devenus très rares, parce qu'ils ont été brûlés après avoir été remboursés en assignats. On n'en trouve aucune collection dans nos dépôts publics, pas plus à l'Hôtel des Monnaies qu'au Cabinet des. médailles ou au Musée Carnavalet. Il y en a quelques-uns à la Bibliothèque nationale, aux Estampes, avec les assignats. Nous en connaissons une collection de plusieurs milliers à l'étranger, qui est à vendre, collection unique que nous avons signalée à qui de droit, mais sans résultat, croyons-nous.
La chambre de Commerce de Tours a émis également des Bons de 1 franc, le 1er mai 1915.
Voici quelques réponse plus précises et qui seront plus utiles à celui qui voudra faire le catalogue de ces billets de confiance d'autant plus que le Ministère de l'I. P. viendrait d'envoyer une circulaire le prescrivant avec d'autres concernant la guerre actuel1e. Notre chère publication sert d'échange à nos idées; n'est-il pas indiscret de demander à ce qu'une fois par hasard elle puisse servir à échanger des choses tangibles ? Si oui, je me permets d'offrir des billets des villes de Bayonne, Bergerac, Bordeaux, Mont-de-Marsan, Périgueux et Tarbes, à qui voudrait bien m'en donner à la place de villes autres que celles ci-dessous. Les Chambres de commerce ont généralement fait les émissions.
Alger - 1 fr. violet sur blanc (3 sept. 1914).
Angoulême. - 50 cent. noir et gris sur brique (2è série). - Un franc (1er et 2è séries) verdâtre et gris sur paille (15 janvier 1915). Le verso est bleuté. J'ignore s'il y a un deux francs.
Bayonne. (Chambre de Commerce). - 50 centime, brun sur bleuté; - un franc vert sur bistre, (16 janvier 1915). - Verso : armes de Bayonne et de Pau entre le jeton de la Chambre de Commerce.
Bergerac. - 50 cent. lie de vin sur rose. - Un fr. brun sur bistre. - Deux fr. violet sur bleu (5 octobre 1914). Armoiries de la ville au verso.
Bordeaux. - 50 centimes, un et deux francs, déjà décrits, bistre, bleu, vert, sans date.
Elbeuf. - Ville et Ch. de Commerce. 50 cent. vert sur gris; - 1 fr. brun sur gris; 2 fr., bleu sur gris; valeur en chiffres rouges.
Gers. (Chambre de commerce du). Un franc bleu sur blanc (18 novembre 1914). Vue de la ville, recto; animaux d'élevage; verso.
Havre (Le) - Emis par la Ville et la Chambre de Commerce. - Un franc, bleu sur bleuté. Deux francs, vert sur bistre; - valeur en chiffres rouges.
Lille. - Emis par la Banque d'Emission le 17 août 1914. - Un fr. brun sur bleu clair.
Limoges. - 50 cent et un fr., bleu sur rosé; verso b1euté (17 août 1914). J'ignore s'il a un 2 francs.
Louviers (Ville de). - 25 c. ; 50 c. et 1 fr., imprimés sur rose, bleu, blanc (12 août 1914).
Lyon. - Un franc, bleu et noir sur violet (14 août 1914).
Marseille. - Un fr. bleu sur bleu.
Montauban. - 50 cent. rose sur bistre. - Un franc, bleu sur bistre (20 novembre et 15 décembre 1914). Vue de la ville au verso.
Mont-de-Marsan. - 50 cent. bleu et bistre émis seulement en mars 1915 - Un franc bleuté sur rose. (1er décembre 1914).
Nantes. - 50 centimes. Bleu foncé sur bleu clair. Ce billet, émis par la ville et pouvant être remboursé immédiatement pour leur valeur aux caisses municipales d'octroi, etc.. Et 1 fr. brun sur jaune est émis par la Chambre de Commerce. On dit qu'il y a un 25 cent.
Périgueux. - 50 cent, 1 et 2 fr. vert sur jaune clair (25 août 1914).
Rouen. (Ville et Chambre de Commerce). - Un franc brun sur bistre; chiffre rose.
Tarbes. - 50 cent et 1 franc (pas de 2 fr.). Brun sur bistre. Au verso, en vert, une délicieuse vue du Pic-du-Midi de Bigorre (7 février 1915).
Tarn (Union des Chambres de Commerce du). - Un franc brun sur bistre. Au verso en vert les armoiries des 3 villes du département. (30 novembre 1914).
Toulouse. - 50 centimes et un franc bleu sur rose; verso violet (6 novembre 1914).
On sait que le 27 août 1914 la Banque Nationale de Belgique a émis des billets. Je possède le deux francs, bistre foncé.
L'Allemagne a émis le 11 août le mark noir et vert.
A ajouter aux listes précédentes la ville de Sedan.
Il y a eu plusieurs émissions. J'ai entre les mains trois coupures : l'une de 20 fr., l'autre de 1 fr. portant la date du 2 septembre 1914 ; la troisième de 10 francs, portant la date du 10 mars 1915.
Ces coupures, de forme rectangulaire, sont simplement imprimées en caractères typographiques sur papier blanc sans aucun ornement. Les signatures de l'adjoint faisant fonctions de maire et du secrétaire de la mairie sont également imprimées en caractères typographiques. Les seules marques d'authenticité sont : 1° un numéro de série écrit à la main. 2° le cachet de la mairie de Sedan. Cependant, à chacune de ces coupures un des angles a été coupé aux ciseaux, et l'angle abattu change avec la valeur de la coupure. Est-ce là un fait accidentel ? Ce n'est pas probable. Serait-ce alors un moyen de contrôle dont la mairie de Sedan aurait la clef ?
La coupure de 20 francs a 170 mm. de longueur, 105 mm. de haut. Celle de 10 francs a 143 mm. sur 110 mm. Celle de 1 franc a 107 mm. sur 68 mm.
Comme selon l'habitude des intermédiairistes la question dévie un peu, on me permettra de dire qu'en 1870-71, la ville de Sedan ou la Chambre de commerce - je ne puis pas vérifier étant absent de chez moi - émit des coupures qui avaient cours a Sedan. J'en possède une de un franc.
En Angleterre, la guerre de 1914 ne motiva la création d'aucune coupure au dessous de 10 shilling. Seulement, le gouvernement rendit obligatoire la circulation des "postal orders" ou "bons de poste". Il y en avait depuis 6 pence, jusqu'à une livre sterling et plus. Ils avaient cours exactement comme la monnaie d'argent, partout. L'obligatoriété cessa vers décembre, si je ne me trompe. Le publie se plia très vite à l'usage des "postal orders" comme substitut de monnaie métallique.
La Chambre de commerce d'Alger a émis successivement, jusqu'à ce jour :
1° Des coupures d'un franc imprimées à l'encre violette (Délibération du 3 septembre 1914).
2° Des coupures de 0 fr. 50 centimes imprimées à l'encre rouge (Délibération du 13 janvier 1915).
La liste que j'ai adressée à l'Intermédiaire, et qui a été publiée dans le numéro du 10 Mai dernier, comporte des précisions et des additions :
1° - Au sujet des villes que j'ai citées, ajouter :
Alger (Chambre de Commerce) fr. 0.50.
Aniche (Mines) Fr. 0 ,50 - 20.
Bergerac (Chambre de Commerce) Fr. 0.50 avec surcharge "Série B".
Cahors (Chambre de Commerce) Seuls certains billets de Fr. 0.50 ont été surchargés de la lettre W.
Douai (Ville) Fr. 20 - 50.
Longwy (Aciéries) Fr. 0,50 - 1. - 2.
Mont-de-Marsan (Chambre de Commerce) Fr. 0.50.
Philippeville (Chambre de Commerce) Fr. 1.
Reims (Change rémois) Fr. 0,25 - 0,50 - 1 - 2.
Reims (Bons municipaux d'alimentation) Fr. 0,20 - 0,25 - 0,40 - 0,50 0,70.
Roubaix-Tourcoing (Villes) Fr. 0.50 - 1 - 10 - 20.
2° - Addition de villes nouvelles :
Anzin (Mines) (?) Fr. 5 - (?) 20.
Ault (Somme) (Ville) Fr. 1 - 5 - 20.
Aurillac (Chambre de Commerce) Fr. 0.50 - 1.
Avesnes (Ville) Fr. 1.
Avesnes-sur-Help (Caisse d'Epargne et de Prévoyance) Fr. 1. Aveyron (Chambre de Commerce) Fr. 0.50 - 1.
Béthune (Mines) Fr. 0,25 - 0,50 - 1 - 2.
- dito - 2e série autres couleurs , Fr. 0,50 - 1 - 2.
Bruay (Mines) Fr. 0,50 - 1 - 2.
Châteauroux (Chambre de Commerce) (?) Fr. 2.
Croix et Wasquehal (Villes) (?) (?) Fr. 10.
Hautmont (Ville) Fr. 5.
Libourne (Chambre de Commerce) Fr. 0,50 - 1 - 2.
Marles(Mines) Fr. 1 - 2.
Mayenne (Ville) Fr. 1 - 2.
Nimes (Chambre de commerce) 0 fr. 50 -1 fr.
Oignies (Pas-de-Calais) (Bons communaux) (?)(?) Fr. 2.
Seboncourt (Bons municipaux) Fr. 1.
Sedan (Ville) Fr. 0.50 - 1 - 2 - 5 - 10 -20.
Somain (Ville) Fr. 20.
Tarbes (Chambre de Commerce) Fr. 0.50 - 1.
Valence et Drôme (Chambre de Commerce) Fr. 0.50 - 1. Valenciennes (Communes de l'Arrondissement) Fr. 0.50 - 1 - 5 - 10 20 - 100.
Vicoigne et Nœux (Mines) Fr. 0.25 - 1- 2.
Wattrelos (Ville) Fr. 5.
De même que pour ma première liste, celle-ci est établie documents en mains. Il est certain qu'elle comportera à nouveau une suite.
Il conviendra, lorsque l'énumération sera complète, d'indiquer sommairement sous quelles garanties les différents papiers-monnaie ont été émis et dans quelles conditions et délais leur remboursement est prévu. On peut toutefois dire dès maintenant que la grande majorité de ce papier, créé uniquement en vue de répondre à un besoin de petite monnaie, est représentée par des billets de la Banque de France effectivement déposés à cette Administration; il ne faut pas comparer ce papier aux assignats ou autres valeurs de l'époque révolutionnaire, puisqu'il équivaut aux Billets de Banque de France qui en assurent le remboursement.
La Chambre de Commerce de Périgueux vient d'émettre une nouvelle série : 0 fr. 50; 1 fr. ; 2 fr. semblable comme couleur et dessin à la précédente avec toutefois des variantes assez sensibles, telles que dates d'émission (10 juin 1915 au lieu de 25 août 1914) ; nom d'imprimeur (Routeix à Périgueux au lieu de Dumont à Limoges) ; texte du verso (7 lignes au 1 fr. au lieu de 6); chiffres des angles plus maigres ; pointillés de la bordure plus espacés, etc...
Je crois qu'on n'a pas cité : Bailleul (ville) 1 fr. ; Charleville (ville) 1 fr. ; Montreuil (ville) 0 fr. 50, 1 fr., 2 fr. ; Sedan (ville) 1 fr.
Excepté la nouvelle série de Périgueux, je n'ai plus de doubles.
Suite à mes communications des 10 mai et 10/30 juillet 1915.
1° - Villes déjà mentionnées à ajouter :
Châteauroux (Chambre de Commerce), Fr. 1
Lille (Banque d'Emission) Fr. 0.,05
Périgueux (Chambre de Commerce). Série nouvelle de Fr. 0.50, 1 fr., 2 fr., très légèrement différente comme texte de la première série, mais de même couleur.
Roubaix Tourcoing (Villes). Le Billet de Fr. 1 a été frappé en première série, bleu sur rose, et en deuxième série, vert sur gris, de format plus petit.
2°. Villes nouvelles :
Angers et Maine-et-Loire (Chambre de Commerce) Fr. 1.
Arras (VilIe et Chambre de Commerce) Fr. 1.
Bailleul (Ville) Fr. 0.50, 1, 2.
Brest (Chambre de Commerce) 0.50, 1, 2.
Cambrai (Chambre de Commerce) Fr. 10, 20.
Dieppe (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1, 2.
Evin Malmaison (Bons Commerciaux) Fr. 10, 20.
Foix (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1.
Fourmies (Ville) Fr. 1, 2.
Granville (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1.
Lambres (Bons Commerciaux) Fr. 10.
Lannoy (Ville) Fr. 20.
La Roche-sur-Von et Vendée (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1, 2.
Le Mans (Chambre de Commerce) Fr. 0,50, l.
Oran (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1, 2.
Orléans (Chambre de Commerce et Ville) Fr. 0.50, 1.
Quimper et Brest (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1, 2.
Rennes et St-Malo (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1.
St.-Brieuc et Côtes du Nord (Chambre de Commerce) Fr. 0.50, 1.
St Quentin (Bons Municipaux, 3 août 1914) Fr. 0.25, 0.50, 1, 2, 50.
St Quentin (Bons Municipaux, 3 octobre 1914) Fr. 2, (différent).
(Bons de guerre) 13 février 1915 et 27 mai 1915, séries A et B., deux émissions différentes comme couleurs, mais de mêmes coupures: Fr. l, 2, 5, 10, 20.
Tours (Chambre de Commerce) Fr. 1.
Les Chambres de commerce de Quimper et de Brest ont émis sous leur responsabilité et leur garantie solidaire, des coupures de :
0.50 brun, 1 fr. bleu, 2 fr. rose foncé.
Ces bons en circulation depuis le 1er octobre n'ont cours que dans les circonscriptions des chambres de commerce de Quimper et de Brest.
Depuis quelque temps la crise monétaire s'étant aggravée, beaucoup de villes nouvelles ont eu recours à l'émission du papier-monnaie. En outre, plusieurs de celles qui en avaient émis dès le début de la guerre ont créé de nouvelles séries.
Les listes déjà publiées dans l'Intermédiaire doivent donc être complètes. Voici, quant à présent, les noms nouveaux que je puis y ajouter :
Auxerre. - 1 fr.
Belfort.
Besançon.
Bordeaux. - (2e série semblable à l'ancienne).
Boulogne. - (2e séries, couleurs différentes).
Dijon. - 1 fr. 0.50.
Louviers. - (2e série. 2 fr. 1 fr. 0.50.
La Roche-sur-Yon. - 2 fr. 1 fr. 0.50.
Niort.
Périgueux. - (2e série semblable sauf la date) .
Rennes.
St.Omer. - 1 fr. 0.50.
Le Tréport. - 2 fr.
Troyes. - 1 fr. 0.50.
La Chambre de commerce de Melun (Seine-et-Marne) a émis le 15 octobre 1915, des coupures de 0 fr. 50, 1 fr. et 2 fr. du même type, remboursables à la Banque de France succursale de Melun avant le 15 octobre 1920 et n'ayant cours que dans sa circonscription (arrondissements de Melun, Provins et Fontainebleau).
Je rectifie d'abord et je complète ma dernière réponse (LXXII, 299).
Belfort (Ch. de C.) coupures de 1 f. et 0 fr. 50.
Besançon (Ch. de C.) coupures de 1 fr. et 0 fr. 50.
Rennes et Saint-Malo (Ch. de C.) coupures de 1 fr. et 0,50.
Le Tréport (Ch. de C.) outre la coupure de 2 fr. déjà signalée, il en existe une de 0 fr. 25 ; j'ignore s'il y en a d'autres.
Au lieu de Niort; il faut lire Deux-Sèvres (Ch. de C.) les coupures sont de 1 fr. et 0.50.
J'ajoute maintenant, d'après des exemplaires que j'ai sous les yeux.
Abbeville (Ch. de C. et ville) 2 fr., 1 fr. et 0,50.
Alençon (Ch. de C.) 1 fr. et 0.50.
Amiens (Ch. de C.) 2 fr., 1 fr. et 0.50.
Angoulême (Ch de C.). Il y a une 2° et 3° série.
Béthune (Ch. de C.) 0.50.
Bourges (Ch. de C.) 1 f et 0.50.
Châteauroux (Ch. de C.) 2 fr., 1 fr. et 0.50.
Le Havre (Ch. de C.) coupure de 0.50 créée en 1914, mise en circulation en 1915.
Le Havre (Ch. de C.) coupure de 1 fr. avec la date 1915.
Libourne (Ch. de C.) il y a une 2° série.
Lorient (Ch. de C.) 2 fr., 1 fr., 0.50.
La Rochelle (Ch. de C.) 1 fr.
Narbonne (Ch. de C.) 1 fr. et 0.50.
Poitiers (ville) 1 fr. et 0.50.
Remiremont (ville) 1 fr. et 0.50.
Rouen (Ch. de C. et ville) 2° série portant la date 1915.
Vertus (ville) 1 fr., 0.50 et 0.25.
Enfin sur le catalogue n° 80 de la librairie Saffroy frères, je trouve les villes suivantes qui n'ont pas encore été signalées.
Alais 1 fr. et 0.50.
Blois 1 fr. et 0.50.
Cette 1 fr. et 0.50.
Chambéry 1 fr.
Elbeuf (Maison Blin) 1 fr. et 0.50.
Ferfay (Mines) 2 fr., 1 fr., 0.50 et 0.25.
Graissessac (Mines)2 fr., 1 fr., 0.50 et 0.25.
Lunéville - 5 fr., 2 fr., 1 fr.
Mâcon et Bourg - 1 fr.
Mayenne (ville) 2 fr.
Mayenne (service des émigrés) série de 8 billets.
Montaigu - 1 fr., 0.50, 0.25 (retirés de la circulation).
Montpellier - 1 fr. et 0.50.
Nancy (Ch de C.) 0.50.
Perpignan - 1 fr. et 0.50.
Roanne (Ch. de C.) 1 fr.
Sens - 1 fr.
Tarare - 1 fr.
Thann (Alsace) 0.50 et 1 marck.
La Chambre de Commerce de Clermont-Ferrand avait émis en 1914 des billets de 1 et 2 fr. qui furent retirés de la circulation en décembre 1914; mais la persistance du manque de monnaie obligea à en émettre de nouveau.
Les quatre Chambres de commerce des départements du Puy-de-Dôme, Ambert, Clermont-Ferrand, Riom et Thiers firent au début de 1915 une émission de billets de 1 fr. et de 0 fr. 50 centimes, remboursables en billets de la Banque de France jusqu'au 1er janvier 1920.
Le 14 Février 1916, la Chambre de Commerce de Villefranche-sur-Saône (Rhône) met en circulation des coupures de 1 fr. et de 0 fr. 50 centimes qui pourront circuler dans toute sa circonscription : Anse, Belleville, Beaujeu, Monsols et Villefranche.
J'échangerais volontiers ces coupures contre coupures équivalentes.
A ajouter aux listes précédentes.
Digoin (Saône-et-Loire). - La Société coopérative "la Ruche" usait, avant la guerre, de trois jetons valant respectivement 0,50 c. (métal blanc, dentelé), 0,10 c. (billon, dentelé), 0,05 c. (billon, hexagonal). Depuis la guerre elle en a frappé de nouveaux valant 1 fr. (métal blanc, orbiculaire) et 0,25 c. (métal blanc, hexagonal). Les pièces portent, a l'avers, une ruche entourée d'abeilles et le nom de Digoin; au revers, la valeur en chiffres. Cette monnaie circule à Digoin et dans les communes voisines.
Mâcon (id) et Bourg (Ain). - Les Chambres de commerce de Mâcon et de Bourg réunies viennent d'émettre (février 1916) des coupures de 0,50 c. à l'imitation de celles de 1 fr. La date d'émission est la même pour les unes et pour les autres (1er septembre 1915).
J'ai sous les yeux l'arrêté pris par le maire d'une importante commune de France, pour la création dans cette ville du papier monnaie. J'y lis les articles suivants :
ART. 3. - Les Billets ont cours obligatoire et forcé, en ce sens que le créancier auquel ils seront remis en paiement ne pourra les refuser.
ART. 4. - Le refus d'acceptation de ces billets entraînera l'arrestation immédiate du délinquant.
ART. 5. - Le chef de la Garde civique est chargé de l'exécution du présent arrêt. De semblables dispositions sont-elles légales ?
Je n'ai pas en ce moment la possibilité d'étudier la question. Mais il me semble à première vue qu'il y a là un abus de pouvoir évident.
Dans plusieurs villes où je suis passé, je me suis vu refuser par des commerçants, ou par des particuliers, les billets locaux, - Les Caisses de l'Etat ne les acceptent nulle part. - j'en conclus que le cours forcé n'a pas été édicté partout; ou que s'il l'a été on n'en tient aucun compte.
Autant il est ridicule et fâcheux de voir les habitants d'une commune refuser un papier dont le remboursement est garanti de la façon la plus sûre, et qui n'a été créé que pour faciliter leurs affaires; autant il semble arbitraire de vouloir en imposer l'usage à ceux qui, à tort ou à raison, n'ont pas confiance. Il y a également un gros inconvénient à obliger le voyageur de passage à accepter une monnaie qu'il ne pourra utiliser ailleurs et dont le remboursement lui occasionnerait plus tard des frais qui en diminueraient la valeur.
Les conditions de remboursement des billets émis par les Villes ou les Chambres de Commerce varient à l'infini; elles peuvent néanmoins se ramener à quatre principales :
1° Remboursement à vue, à quelque époque que ce soit.
2° Les billets ne seront remboursables qu'à partir de telle date.
3° Ils ne seront remboursables que jusqu'à telle date, sous peine de prescription.
4° Ils ne seront remboursables que par groupements de 20 fr., 50 fr., 100 fr.
Que penser de ces diverses stipulations ?
Les deux premières sont évidemment à l'abri de toute critique. - Dans l'une le remboursement n'est soumis à aucune condition. Dans l'autre l'acceptation du billet entraîne l'acceptation du terme fixé pour le remboursement qui, ce terme une fois échu, restera toujours possible.
Peut-on en dire autant de la troisième ?
Pour ma part je ne le crois pas. - Celui qui engage sa signature ayant pour premier devoir d'y faire honneur et n'ayant pas le droit d'instituer à son profit une déchéance que son créancier ne serait pas toujours à même d'éviter.
Pour les mêmes raisons, je n'admets pas non plus la quatrième. - Je me demande en vain de quel droit l'établissement créateur bénéficierait par exemple d'une somme de 15 francs, sous prétexte, qu'il manque 5 francs pour permettre le remboursement ?
Je préfère penser que cette dernière condition n'a été imaginée que pour engager le public à faciliter par le groupement les opérations de remboursement et de comptabilité, sauf à ne pas l'appliquer si le porteur exige qu'il en soit autrement.
En tout cas, ces diverses conditions ne pouvant à mon avis avoir de valeur et devenir opposables au porteur qu'en vertu de son acceptation tacite, me paraissent tout à fait incompatibles avec l'idée de cours forcé.
Contrairement a ce que pense H. Ds les Caisses de l'Etat acceptent les billets locaux dans chaque ville qui les a émis. De plus, elles acceptent, dans toute la Seine-Inférieure, les billets de Rouen, du Havre et de Dieppe ; dans tout le Calvados les billets de "Caen et Honfleur".
A Dieppe, tout le monde accepte les billets du Tréport.
Partout où il y a une succursale de la Banque de France, elle rembourse les billets de la localité.
Je reconnais volontiers en lisant la réponse de P. H. que j'ai été trop affirmatif en écrivant que les caisses de l'Etat ne recevaient « nulle part » les billets locaux. - Je ne puis évidemment parler que des refus que j'ai éprouvés. Entre autres faits je puis citer les suivants : En septembre 1914, la Poste de la Bernerie (Loire Inférieure) n'acceptait pas les billets de la Chambre de Commerce de Nantes qui étaient reçus partout dans la commune; il en était de même à Pornic pour les mêmes billets en septembre 1915; c'est la qu'il m'a été répondu que " les Caisses de l'Etat n'étaient pas autorisées à accepter cette monnaie ."
"A l'heure actuelle", la Poste de Louviers n'accepte pas les billets émis par la Municipalité de cette ville. - Dans le courant de 1915 un marchand de tabac, je ne sais plus où, m'a refusé les billets locaux, sous prétexte que l'Administration des Tabacs les lui refusait lorsqu'il avait des versements à lui faire.
Il se peut aussi que depuis l'énorme extension qu'a prise l'émission des billets les Administrations de l'Etat se montrent plus tolérantes qu'au début.
Quant à la Banque de France, dans la plupart des cas, elle est dépositaire de la somme qui représente la valeur de l'émission. Elle est même chargée du remboursement. En pareil cas il est donc évident qu'elle ne peut refuser des billets dont elle est garante. Mais jusqu'à preuve du contraire, je suis persuadé qu'elle n'accepterait pas les billets d'une Ville qui n'aurait pas déposé dans sa caisse la contre-valeur.
Quoi qu'il en soit, P. H. me permettra de lui faire remarquer que son observation, parfaitement juste en elle-même, ne répond pas à la question posée: celle du cours forcé. - Dès l'instant où certaines caisses refusent et sont en droit de refuser, il ne peut être question de cours forcé.
Je n'ai pas vu figurer (sauf erreur) dans les listes publiées, les émissions de la Chambre de Commerce de Rochefort-sur-Mer. J'ignore les différents types mis en circulation, mais j'ai sous les yeux une coupure de 50 centimes de la première série sur laquelle je lis :
Ce billet est valable dans les arrondissements de Rochefort, Saintes, Saint-Jean-d'Angely, Jonzac, Marennes et seulement revêtu du cachet de la Chambre de Commerce.
La Chambre de Commerce de Toulon et du Var vient d'émettre deux coupures fort jolies mises en circulation le mardi 7 novembre 1916 : l'une de 50 centimes, tirage en orange et vert, portant au recto les armes des villes de Toulon au centre, Draguignan à dextre et Brignole à senestre, et au verso une vue générale du port de Toulon entre le Génie de la Navigation qui orne le grand carré du port à Toulon et que les vrais Toulonnais connaissent bien sous le nom d'un amiral célèbre, et la vieille tour de Draguignan; l'autre de un franc, tirage en mauve et bleu, de format un peu plus grand, et présentant en plus de la précédente au recto la façade de l'Hôtel de ville de Toulon avec les célèbres cariatides de Puget.
La Chambre de commerce de Rochefort-sur-Mer a créé également une coupure de 1 franc; elle est de couleur bleue, un peu plus grande que celle de 50 centimes et le dessin en est sensiblement différent. Vers le mois de juillet dernier, il a été mis en circulation des billets exactement semblables, sauf cependant qu'ils portent 2e série.
Par délibération du 19 juin 1916, la Chambre de commerce de Toulon et du Var décida la création de bons de 1 fr. et de 0,50. Ces bons sont remboursables en billets de la Banque de France, jusqu'au 19 juin 1921.
Ces billets n'ont été mis en circulation qu'au commencement du mois de novembre 1916.
Nous découpons dans le "Journal" :
Les villes de Cahors, Saint Gaudens (Haute-Garonne), Lézignan (Aude) ont émis des coupures de 5 et 10 centimes remboursables à la recette municipal.
Je ne crois pas que l'on ait signalé ici les billets d'un franc et de cinquante centimes émis par la Chambre de commerce d'Evreux, qui ont cours dans les arrondissements d'Evreux, des Andelys, de Bernay et de Louviers. Celui d'un franc, émis seul au début comporte deux types qui ne diffèrent que par les dates des délibérations en autorisant la création.
Un de mes parents, retour de Marseille depuis quelques jours, m'a fait cadeau de deux pièces de monnaie, l'une de dix centimes, l'autre de cinq, ayant à peu près la première trois centimètres, la seconde deux et demi de diamètre. Elles sont émises par la Chambre de Commerce de Marseille, et en portent les armes à l'endroit; à l'avers, l'indication de la valeur et le millésime 1916. Je ne puis arriver à définir quel est le métal employé.
Je signalerai aussi le jeton de 20 c. en aluminium créé à Vincennes (Seine) par un groupement important de commerçants en détail, pour les besoins locaux et sous leur propre responsabilité.
Les papiers monnaie émis par les Chambres de commerce, par les villes, par les corporations, par les magasins ou les cafés, voire même les tramways et la Croix-Rouge (à Bordeaux par exemple pour servir dans les tramways), sont si nombreux que cette rubrique pourrait être fermée.
Des catalogues en paraissent tous les jours ; il suffira de s'y reporter.
Nombreux aussi sont les jetons en métal représentant de la monnaie fiduciaire: atrocement laids comme ceux en fer de Cette et de Bayonne; médiocres comme ceux de Bône, Bougie, Carcassonne, l'Hérault; très artistiques comme ceux de Castres, Auch, Besançon, le Gard, Rochefort.
Des camps de prisonniers ont émis des papiers-monnaie et même des jetons en métal. Nos colonnes ne peuvent, à mon avis, signaler toutes ces créations.
(Nous abondons dans le sens de La Coussière : arrêtons là cette rubrique trop absorbante ).
Source : www.bnf.fr