MONNAIES DE GUERRE DE LA RÉGION PARISIENNE

La difficulté, à la fin de juillet 1914, lorsque l'horizon politique se fut subitement assombri, la quasi impossibilité, dans les premiers jours du mois d'août, après la publication du décret de mobilisation et la déclaration de guerre, où l'on se trouva d'obtenir - par suite de la limitation du montant des remboursements - le retrait des fonds déposés à la Caisse d'Épargne, à la Banque de France et dans les divers établissements de crédit, puis bientôt la thésau­risation, non seulement de l'or et de l'argent, mais aussi de la monnaie de billon et de nickel, rendirent nécessaire, dès le début de la guerre, l'emploi de la monnaie fiduciaire (1). Ce furent les Chambres de Commerce qui, presque partout, d'accord avec les administrations municipales, provoquèrent l'émission de billets généralement de minime valeur : 2 francs, 1 franc, 0 fr. 50. Ailleurs dans les régions plus directement menacées par l'ennemi et bientôt occupées par lui, les municipalités, afin de rendre possibles les transactions commerciales, émirent elles aussi, même dans de petits villages (2), une monnaie locale en papier, dont la valeur variait de quelques centimes (0 fr. 10, 0 fr. 20, 0 fr. 25) jusqu'à plusieurs centaines de francs (3). A côté de ces émissions de billets, dans de nombreuses régions, surtout dans le midi de la France, la crise aiguë provoquée par la raréfaction de la monnaie de billon et de nickel incita soit les municipalités, soit les groupements commerciaux et industriels d'une même localité, soit des sociétés industrielles, soit des commerçants individuels, à mettre en circulation des monnaies divisionnaires en métal (aluminium, nickel, fer, laiton) ou en carton, pour la commodité des habitants d'une même commune, pour les facilités du service intérieur d'une même société, pour la simplification de l'appoint parmi les clients d'une même maison de commerce. Généralement, ces monnaies divisionnaires étaient limitées à une commune; dans un cas tout au moins, on réalisa la création d'une véritable monnaie régionale : les Chambres de Commerce de Nice, Avignon, Nîmes, Alais, Marseille, Arles, Digne, Toulon, Gap, frappèrent en commun des pièces en zinc de 0fr. 05, 0 fr. 10 et 0 fr. 25, ayant cours dans toute la région provençale; elles émirent de même des billets de 0 fr. 50, interchangeables dans les départements de Vaucluse, des Bouches­-du-Rhône, du Var, des Alpes-Maritimes, des Hautes et des Basses-Alpes (4). Billets et jetons se répandirent rapidement en province, et furent généralement bien accueillis. Les billets des Chambres de Commerce, ayant cours dans toute la circonscription relevant de cette chambre, gagés par des dépôts de numéraire, remboursables à une date déterminée, et garantis par la signature du président de la Chambre de Commerce, aidèrent beaucoup à rendre possibles les transactions; on les accepta volontiers; leur utilité fut incontes­table. Les seuls reproches qui aient pu leur être faits étaient, d'une part la limitation de leur cours soit à un arrondissement, soit à un département, ce qui gênait beaucoup les passagers ne pouvant ensuite que très difficilement s'en défaire, d'autre part la nature du papier, généralement léger, facilement déchirable, et ayant rapidement un aspect sale, pour ne pas dire sordide.
Les monnaies de métal ou de carton furent, bien que très répandues également, d'un usage plus restreint que les billets. Leur emploi était, sauf dans certains cas, - tel celui de la région provençale, - limité soit à une ville, soit aux services d'une société particulière, soit à la clientèle d'une seule maison de commerce. Ils furent très utiles, surtout à certains moments où la crise du billon fut particulièrement intense, et servirent même à éviter des conflits qui eussent pu devenir regrettables; mais, en général, l'impossibilité de les employer en dehors de la localité où ils avaient été frappés les firent refuser par ceux qui auraient pu difficilement s'en débarrasser; dans les communes mêmes où ils furent en usage, on leur préféra toujours la monnaie légale. Leur emploi fut ainsi limité. J'ajouterai qu'une raison de cette dépréciation résulta du fait que, contrairement aux billets des Chambres de Commerce, qui avaient une valeur légale, la monnaie divisionnaire fut émise presque partout, sinon partout, en dehors de toute autorisation et malgré l'opposition du Ministère des Finances.
L'exemple de la commune d'Enghien est à ce sujet très instruc­tif. Le Conseil municipal, dans la séance du 27 janvier 1918, pour " remédier à la gêne dont souffrent à la fois les habitants et les commerçants de la ville par suite du manque de monnaie de billon ", émit un vœu favorable à la création d'une monnaie locale, suivant l'exemple de Marseille, de Neuilly-sur-Seine et d'autres localités; cette monnaie serait émise sous la responsabilité de la municipalité, et serait distribuée par les soins du receveur muni­cipal, aux commerçants, moyennant une légère prime, destinée à indemniser la ville des frais de frappe. Il devait être frappé et mis en circulation des pièces de 0 fr. 05 et 0 fr. 10, jusqu'à concurrence de 3000 francs; cette monnaie serait remboursable, pendant la guerre en billets de banque, après la signature de la paix en numéraire. Le vœu fut, par l'intermédiaire de la sous-préfecture de Pontoise, transmis à la préfecture de Versailles, qui devait demander l'autorisation du Ministère des Finances. Mais ce dernier opposa un refus catégorique à la demande du Conseil municipal d'Enghien. " J'ai l'honneur de vous faire connaitre, répondit le ministre des Finances le 25 mars 1918, que mon administration n'a jamais donné son assentiment à des opérations de cette nature, qui peuvent être assimilées à des contrefaçons de monnaie. " Et de fait semblable réponse fut faite, nous le verrons, pour Versailles. La municipalité d'Enghien s'inclina devant cette défense (5); mais ailleurs on passa outre, ou même, instruit par l'exemple, on se passe de cette autorisation, si bien que cette monnaie n'a aucun cours régulier et peut être d'office interdite.
Nombreuses en province, ces émissions de billets et de monnaie furent plus rares dans la région parisienne, qui avait beaucoup moins souffert de la pénurie monétaire. Cependant à Paris, la Chambre de Commerce pensa en août 1914 à émettre des billets de 2 fr., 1 fr., 0 fr. 50; à Sarcelles, la municipalité fit également, au début de la guerre, mettre en circulation des billets de 1 fr.; par ailleurs quelques communes, quelques syndicats commerciaux et industriels, quelques grandes compagnies privées, voire même des institutions charitables, tel le bureau de bienfaisance du 3e arron­dissement, eurent recours à cette monnaie de métal ou de carton, pour remplacer la monnaie légale sinon disparue; du moins consi­dérablement raréfié.

SEINE

1. Arcueil-Cachan (arrondissement de Sceaux, canton de ViIle-juif) (6).
Jetons en aluminium émis par l'office d'approvisionnement; valeur 0 fr. 05, 0 fr. 10.
a) 0 fr. 05, aluminium; rond; diamètre, 0m,023.
Avers : au centre, la valeur; autour: OFFICE D'APPROVISIONNEMENT. ARCUEIL-CACHAN.
Revers : un grainetis circulaire.
b) 0 fr. 10, aluminium, octoganal; diamètre, 0m,023.
Avers: même description que a).
Revers: grainetis octogonal.

2. Billancourt (arrondissement de Saint-Denis, canton de Neuilly-sur-Seine, commune de Boulogne-sur-Seine).
Emission faite par les usines Renault, pour servir à l'intérieur des ateliers, par suite de la raréfaction de la monnaie divisionnaire de billon. Tout d'abord ce furent des carnets de tickets format Métropolitain, par dix, d'une valeur de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. ,25 et servant de bons pour les repas dans les cantines-restaurants de la Société. Mais les vérifications étaient difficiles, toutes les souches n'étant pas régulièrement restituées. Aussi se décida-t-on à frapper des jetons d'aluminium et de laiton, de divers types, et respective­ment d'une valeur de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25, 0 fr. 50. Cette monnaie valable seulement à l'intérieur des usines fut bientôt acceptée en paiement chez les débitants de vin, restaurateurs et même par les tramways de la localité. On la retira alors de la circulation et la coopérative seule a conservé une émission de pièces de 0 fr. 05 et 0 fr. 10 pour le change courant (7).
Il existe donc deux sortes de monnaies émises par les établissements Renault, une d'aluminium, une de laiton :
1. Les monnaies de 0 fr. 05, 0 fr. 10 sont les unes rondes, les autres hexagonales.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m, 026.
Avers : automobile de face; au-dessous, RENAULT.
Revers : au centre, la valeur; autour : VALABLE SEULEMENT DANS NOS USINES.
b) 0 fr. 05, aluminium, hexagonal, percé au centre d'un trou circulaire; diamètre, 0m,025.
Avers : automobile de face, entre deux branches de feuillage; autour : RENAULT. BON POUR UNE BOUTEILLE.
Revers: grainetis circulaire.
c) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,030.
Avers : au centre, la valeur; autour : SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE DES USINES RENAULT.
Revers : au centre, la valeur; autour : VALABLE SEULEMENT DANS NOTRE SOCIÉTÉ.
2. Ces monnaies sont de deux types, 0 fr. 25 et 0 fr. 50.
a) 0 fr. 25, laiton, rond, diamètre, 0m,025, percé d'un trou.
Avers : au centre automobile de face; au-dessous : deux branches de feuillages; autour : RENAULT. UN DEMI-LITRE DE BOISSON.
Revers : uni.
b) 0 fr. 50, laiton, rond; diamètre, 0m,024.
Avers : automobile de face; au-dessous : RENAULT.
Revers : au centre, la valeur; autour : VALABLE SEULEMENT DANS NOS USINES.

3. Joinville-le-Pont (arrondissement de Sceaux, canton de Charenton).
Jetons en aluminium émis par le groupement des commerçants, industriels et habitants, en 1918; une seule valeur 0 fr. 20.
0 fr. 20, aluminium, carré, angles arrondis; diamètre, 0m,025.
Avers : au centre, les armes de la ville, coupé au l d'azur, à trois fleurs de lis d'or au lambel d'argent; au 2 de gueules, le pont à 3 arches d'argent, maçonné de sable, reposant sur une rivière au naturel. L'écu surmonté d'une couronne murale à 4 tours.
Au-dessus: JOINVILLE-LE-PONT; au-dessous: 1918.
Revers : au centre, la valeur; autour : GROUPEMENT DES COMMERCANTS, INDUSTRIELS ET HABITANTS.

4. Malakoff (arrondissement de Sceaux, canton de Sceaux).
Jetons d'aluminium émis par la municipalité; à la suite d'une délibération de la municipalité du 4 août 1917; montant de l'émission 4500 francs; pas de date de remboursement, ni d'autorisation préfectorale (8). Deux valeurs 0 fr. 05, 0 fr. 10 .
a) 0 fr. 05, aluminium, octogonal; diamètre, 0m,022.
Avers : au centre, les armes de la ville, de gueules au chef d'azur, à la forteresse d'argent mouvant de la pointe, brochant sur le tout.
L'écu sommé d'une couronne murale de 4 tours, encadré de branches de chêne autour : VILLE DE MALAKOFF (SEINE).
Revers : au centre, la valeur; autour : grainetis octogonal.
b) 0 fr. 10, octogonal; diamètre, 0m,22.
Même description.

5. Neuilly-sur-Seine (arrondissement de Saint-Denis).
Jetons d'aluminium émis en 1918 par la solidarité commerciale et industrielle, sans aucune intervention de la municipalité, et sans aucune intervention; une seule valeur 0 fr. 20 (9).
0 fr. 20, aluminium, carré, angles arrondis; diamètre 0m,025.
Avers : au centre, les armes de la ville, de gueules au pont d'or, accompagné d'un vaisseau d'argent, soutenu d'une mer de même, au chef d'azur chargé de trois parmentières d'or. Devise : Prœteri­tis egregia, quotidie florescit. Encadrées d'une gerbe de blé et d'une tige de fleurs de pommes de terre; au-dessus : NEUILLY-SUR-SEINE; au-dessous : 1918.
Revers : au centre, la valeur; autour : SOLIDARITÉ COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE.

6. Paris.
a) CHAMBRE DE COMMERCE.
La Chambre de Commerce de Paris, pour les raisons de pénurie monétaire déjà signalées, songea dès le mois d'août 1914 à faire une émission de billets de 2. fr., 1 fr., 0 fr. 50, qui fut décidée lors d'une réunion de la Chambre le 11 août. Elle devait sortir à la fin du mois (10). Les planches avaient été gravées, le tirage entrepris, quand tout fut brusquement interrompu. Je ne saurais mieux faire que de laisser la parole à l'ancien président, aujourd'hui décédé, de la Chambre de Commerce, M. David-Menet, qui a raconté les tristes incidents à la suite desquels le projet fut abandonné.
"Dans les derniers jours du mois d'août, on s'était cru voué aux pires malheurs. La Chambre de Commerce, pour remédier au manque de petite monnaie, avait décidé d'émettre des coupures de 2. fr., de 1 fr. etde 0 fr. 50. Pour régler les conditions de circulation de ces coupures, j'allai le lundi 31 août voir l'un des membres du Gouvernement, accompagné de MM. Chassaigne-Goyon, ancien président du Conseil municipal, et Aucoc, vice-président du Conseil général. "Quand vos coupures sortiront-elles?" me demanda le ministre. - " Dans huit jours. - Il sera trop tard. " Nous comprîmes et en sortant, nous nous regardâmes sans parler, en proie à une profonde douleur, à la pensée que dans huit jours Paris ne s'appartiendrait plus. Je rentrai immédiatement à la Chambre de Commerce, et donnai l'ordre de détruire toute l'émission de nos coupures, pour les empêcher de tomber aux mains de l'ennemi (11)."
Les coupures furent en effet détruites. L'amicale intervention de M. Lacroix, chef du secrétariat général de la Chambre de Commerce, m'a permis d'obtenir de M. de Ribes-Christophe, successeur de M. David-Menet à la présidence de la Chambre de Commerce, et aujourd'hui, lui aussi décédé, l'autorisation de faire photographier les épreuves conservées à la Chambre de Commerce et de les reproduire dans cet article .
b). COMPAGNIE THOMSON-HOUSTON.
Cette société a, pour la commodité des services de ses ateliers, frappé, sans qu'aucune délibération du Conseil d'administration soit intervenue, des jetons de 0 fr. 05 et 0 fr. 10, utilisés seulement à l'intérieur de la Société (12).
a) 0 fr. 05, cuivre, rond; diamètre, 0m,020 .
Avers : au centre, le monogramme C T H F, dans un cercle; au­ dessous, la valeur.
Revers uni.
b) 0 fr. 10, absolument identiques.
c) BUREAU DE BIENFAISANCE DU 3e ARRONDISSEMENT.
Au début de la guerre, pour payer les secours, le bureau de bienfaisance, manquant de monnaie divisionnaire, prepara pour donner aux nécessiteux qui s'adressaient à lui des bons de 0 fr, 40, 0 fr. 50 et 1 franc, en carton jaune, vert, rouge; ces tickets signés du maire, et revêtus du cachet de la mairie, devaient être remis pour faire l'appoint des secours. Ce premier projet n'eut pas de suite : mais pour parer à la pénurie de la monnaie, on remit ces bons aux bénéficiaires d'allocations; ces derniers les donnaient en paiement aux commerçants qui n'avaient ensuite qu'à les rap­porter à la caisse du bureau de bienfaisance, où ils étaient rem­boursés (13).
On a dit que certains aûtres établissements industriels ou bancaires, telles l'Union des coopératives de la banlieue Parisienne, l'Union des Consommateurs de la banlieue ouest de Paris, la Société générale des constructions mécaniques (établissements Rateau) (14), et la Société générale pour le développement du Commerce et de l'Industrie (14), avaient également émis des monnaies fiduciaires ayant cours dans l'interieur de ces entreprises. La première de ces mai­sons aurait émis des monnaies de nécessité en carton, de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25, 0 fr. 50, 1 franc et 2 francs; la seconde, des jetons de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25, 0 fr. 50 centimes; la troisième, des pièces en aluminium de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25, 0 fr. 50 centimes; la quatrième, des pièces en zinc de 0 fr. 05, 0 fr. 10 centimes. Ces assertions sont, semble-t-il, erronées. L'Union des Coopératives et 1'Union des Consommateurs se servirent seulement de tickets de ristourne, n'ayant rien de commun avec les monnaies de guerre, ces billets servaient pour les achats faits par les sociétaires, et leur donnaient droit à une ristourne de 2 p. 100 sur leurs achats (15); les Établissements Rateau n'émirent pas de monnaie fiduciaire (16); quant aux pièces de la Société Générale, il s'agit seulement en l'occur­rence, des jetons remis, en cas d'affluence, aux clients venant toucher des coupons, et à qui ils servent de numéros d'ordre (17).
Indépendamment des exemples qui viennent d'être cités, de nom­breux commercants distribuèrent à leur clientèle des jetons de carton ou de papier, ou de métal, pour servir de monnaie d'appoint et faciliter les transactions; mais on ne saurait considérer ces pra­tiques comme une véritable monnaie de guerre et il ne saurait en être question ici.

7. Saint-Mandé (arrondissementde Sceaux, canton de Vincennes).
Jetons en aluminium, émis à la suite d'une délibération du Comité municipal d'alimentation en mars 1917; très limitée, cette émission ne s'éleva qu'à la somme de 350 francs, en pièces de ­0 fr. 05 et 0 fr. 10 centimes, frappées fin avril 1917 et remboursables à vue.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m, 018.
Avers : COMITÉ MUNICIPAL D'ALIMENTATION VILLE DE SAINT-MANDÉ.
Revers : Au centre, la valeur; autour : grainetis circulaire. A gauche : une tête de bélier en creux.
b) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Même description (18).

8. Vanves (arrondissement de Sceaux, canton de Sceaux).
Jetons en aluminium, de 0 fr. 05 et 0 fr. 10, émis par le Comité municipal d'approvisionnement; deux frappes.
1°) a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,014.
Avers : COMITÉ MUNICIPAL D'APPROVISIONNEMENT. VILLE DE VANVES.
Revers : au centre, la valeur; autour : grainetis circulaire.
b) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Même description.
2°) a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,014.
Avers : COMITÉ MUNICIPAL D'APPROVISIONNEMENT VILLE DE VANVES.
Revers : au centre, la valeur; au-dessous: 1918.
b) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Même description.

9. Vincennes (arrondissement de Sceaux).
Jetons d'aluminium, émis par l'Union commerciale et industrielle.
0 fr. 20, aluminium. carré, angles arrondis; diamètre, 0m,025.
Signé: J. BORY.
Avers : les armes de la ville, de gueules, au château fort d'argent, maçonné et ajouré de sable, au chef d'azur; semis de fleurs de lis d'or; sommé d'une couronne murale à trois tours, entouré de branches de chêne.
Au haut : VINCENNES; au bas : 1917.
Revers : la valeur. en deux lignes; autour : UNION COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE.

SEINE-ET-OISE

10. Chatou (arrondissement de Versailles, canton de Saint­-Germain-en-Laye).
Jetons en laiton. émis par la ville, le commerce et l'industrie en 1918; valeur, 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25 centimes.
a) 0 fr. 05 laiton, rond, dentelés; diamètre 0m,020.
Avers : les armes de la ville, écartelé au 1 d'azur à une épée d'argent garnie d'or, posée en pal, la pointe en haut; aux 2 et 3, d'argent à une terrasse de sinople accompagnée de trois roses de gueules plantées sur la terrasse, ligées et feuillées de sinople; au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent; au 4, d'azur au lion d'argent; entourées de branches de chêne et de laurier, réunies par un ruban, portant le nom de la ville (19).
Autour : VILLE DE CHATOU. SEINE-ET-OISE.
Revers : au centre, la valeur et le millésime, en deux lignes; autour : COMMERCE, INDUSTRIE.
b) 0 fr. 10, laiton, rond, dentelé; diamètre, 0m,024.
Même description.
c) 0 fr. 25, laiton, rond, dentelé: diamètre, 0m,028.

11. Poissy (arrondissement de Versailles).
Jetons en aluminium, émis par l'Union du Commerce et de l'Industrie.
Valeur, 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25 centimes.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Revers : les armes de la ville, d'azur, à un poisson d'argent posé en fasce, accosté à dextre d'une fleur de lis d'or, accompagnée de deux autres fleurs de lis de même, une en chef, l'autre en pointe; surmontées d'une couronne murale à quatre tours, et entourées de branches de chêne.
Autour : POISSY (SEINE-ET-OISE).
b) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,022.
Même description.
c) 0 fr. 25, aluminium, rond; diamètre, 0m,025.
Même description.

12. Saint-Germain-en-Laye (arrondissement de Versailles).
Il y eut deux émissions dans cette localité. La première, à en juger par les indications portées sur les monnaies, semble avoir été faite par la ville; la seconde fut faite par l'Union du Commerce et de l'industrie, sans aucune délibération municipale. Le montant s'éleva à 10.000 francs, remboursables fin décembre 1920.
L'émission de la ville comprend des jetons de 0 fr. 05 et 0 fr. 10 celle du commerce des jetons de 0 fr. 05, 0 fr. 10 et 0 fr. 25.
1° VILLE DE SAINT-GERMAIN.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Avers : au centre, la valeur; autour : VILLE DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE.
Revers : au centre, la valeur; en haut et en bas un fleuron.
b) 0 fr. 10, aluminium, rond; diamètre, 0m,025.
Même description.
2° UNION DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Avers : au centre les armes de la ville, d'azur à un berceau semé de fleurs de lis d'or, accompagné au second point en chef d'une fleur de lis aussi d'or, et en pointe de la date: 5 septembre 1638; sommées d'une couronne murale à quatre tours, et entourées de branches de chêne.
Autour : SAINT-GERMAIN-EN-LAYE. SYNDICATS COMMERCIAUX.
Revers : au centre, la valeur et le millésime, en deux lignes; autour : UNION DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE.
b) 0 fr. 10, rond; diamètre, 0m,022.
Même description.
c) 0 fr. 25, aluminium, rond; diamètre, 0m,027.
Même description.

13. Sannois (arrondissement de Versailles, canton d'Argenteuil).
Tickets en carton, rectangulaires (0m,035 x 0m,033) de 0 fr. 05, 0 fr. 10, 0 fr. 25 de couleur jaune, bleue, rouge, émis par les commerçants, a la suite d'une délibération du Conseil municipal du 13 janvier 1918; ni le montant de l'émission, ni la date de remboursement n'ont été fixés (20).

14. Sarcelles (arrondissement de Pontoise, canton d'Ecouen).
Dans cette commune, des bons de 1 franc ont été émis par sa municipalité au début de la guerre. Ce sont des bons en papier, de 0m,11 sur 0m,11 ainsi libellés :

No.....
Bon pour 1 fr.

MAIRIE DE SARCELLES.
Bon pour
UN FRANC

Un Conseiller municipal
Le Maire
SIGNATURE
SIGNATURE


Le possesseur de 50 de ces bons pourra se présenter à la mairie pour obtenir le remboursement de 50 francs.

Le billet est marqué du timbre de la mairie.
Quelle fut la délibération municipale qui autorisa cette émission, quel fut le montant des bons émis, à quelle date sont-ils rembour­sables ? Je l'ignore, toutes les lettres écrites à la municipalité de Sarcelles, même avec timbre de retour, étant demeurées sans réponse.

15. Versailles.
Pour remédier à la crise de la monnaie, qui se faisait durement sentir dans la ville, l' Union Versaillaise du Commerce et de l'Industrie, et les Syndicats de l'alimentation de la ville de Versailles réunis sous le nom de Groupes commerciaux de Versailles, envoyèrent le 15 janvier 1918 une circulaire aux: commerçants de la ville; ils annonçaient l'intention de créer, sous leur entière garantie, trois types de monnaie de 0 fr. 05, 0 fr, 10 et 0 fr. 25, qui serait mise à la disposition des commerçants moyennant une majoration de 5 p. 100, à titre de participation, par ces derniers, aux frais d'émission; on leur demandait de faire savoir s'ils consentaient à accepter ces jetons dans leurs caisses, et les sommes qu'ils désiraient recevoir.
La consultation fut favorable, le projet des groupes commerciaux fut transmis par la prefecture de Seine-et-Oise au Ministère des Finances, le 24 janvier suivant, avec un avis également favorable. La réponse ministérielle se fit longtemps attendre; entre temps, on avait au ministère refusé semblable autorisation, sollicitée par la ville d'Enghien. Cependant les groupes commerciaux avaient, sans attendre, mis en circulation la nouvelle monnaie locale.
Le 5 avril, le préfet écrivit au Ministère, afin de savoir quelle suite était donnée à la demande faite en janvier; le 13 avril on répondit qu'il y avait lieu d'inviter l'Union Versaillaise du Com­merce et de l'Industrie, à renoncer à son projet. "Les jetons métalliques dont la création est envisagée présentent en effet tous les caractères de pièces de monnaie et l'opération serait assimilable par suite à une contrefaçon d'espèces, qui tombe sous le coup de la loi." Du reste, ajoutait-on, " les pièces de billon et de nickel étaient en nombre suffisant à la trésorerie générale pour les besoins de la population. " Le préfet transmit cette dépêche ministérielle au maire de Versailles, en le priant de la faire parvenir au Président de l'Union Versaillaise, afin qu'il s'y conformât. Sans tarder, le Prési­dent de l'Union fit arrêter la frappe de ces monnaies, et la répartition déjà commencée entre les commerçants; en même temps, on fit demander à la trésorerie générale de la monnaie de billon; malgré les assurances ministérielles, il n'y en avait pas, les réclamations faites à ce sujet à diverses reprises à l'administration centrale étant demeurées sans réponse (21).
L'émission fut ainsi arrêtée; toutefois de nombreux jetons étaient déjà en circulation; ils ont continué et continuent à être utilisés, mais sont de plus en plus délaissés, et ne tarderont guère à disparaître.
Ils sont en aluminium, et de trois valeurs, 0 fr. 05, 0 fr. 10 et 0 fr. 25.
a) 0 fr. 05, aluminium, rond; diamètre, 0m,020.
Avers : Le château de Versailles vu de la place d'armes; en haut : VERSAILLES, 1918, en deux lignes.
Revers : la valeur, dans un écusson posé sur un drapeau, sommé de coq à deux têtes issant (22), et entouré de branches de chêne et de laurier; autour : GROUPES COMMERCIAUX DE VERSAILLES. 1918.
b) 0 fr. 10, aluminium, octogonal; diamètre, 0m,023.
Même description.
c) 0 fr. 25, aluminium, rond; diamètre, 0m,025.
Même description.

LÉON MIROT.


1. Voir l'article de M. Emile Magne, La numismatique de la guerre, dans la Revue hebdomadaire, n° du 6 octobre 1917, p. 46 à 66.
2. Tels Baives (Nord), 214 hab.; Barenton-Cel (Aisne), 142 hab.; Cru­pilly (Aisne), 113 hab.; Germaine (Aisne), 143 hab.; Potte (Somme), 103 hab.; Gibercourt (Aisne), 77 hab.; Recourt (Pas-de-Calais), 140 hab.; etc.
3. A Douai, par exemple.
4. Il y a lieu de citer également les billets régionaux de Laon, valables dans l'Aisne, les Ardennes et la Marne, ceux des communes de l'arron­dissement de Douai et de la région de Carvin, des 70 communes appar­tenant aux départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, et ceux communs aux départements de l'Ain et de Saône-et-Loire.
5. Renseignemenls administratifs.
6. Lettre de M. le Maire d'Arcueil, en date du 20 mars 1919.
7. Renseignements fournis par deux lettres de l'administrateur des usines Renault en date du 29 janvier et du 27 décembre 1918. Je remercie mon collègue, M. le capitaine Cherrière, qui a bien voulu s'entremettre pour m'obtenir ces renseignements.
8. Renseignements obligeamment fournis par M. le Maire de Malakoff.
9. Lettre de M. le Maire de Neuilly-sur-Seine du 25 mars 1919.
10. Lettre de M. Lacroix, en date du 23 décembre 1918.
11. David Menet, président de la Chambre de Commerce de Paris : Comment les civils peuvent-ils mieux servir le pays ? Dans l'industrie et le Commerce (Revue hebdomadaire, n° du 6 janvier 1917, p. 5 à 11).
12. Renseignements fournis par M. Mars, secrétaire général de la Compagnie Thompson-Houston.
13. Je dois ces renseignements à l'obligeance de M. Tesson.
14. Cf. le Catalogue de la Numismatique de la guerre (1914-1919), L. Ciani, 54, rue Taitbout, n° 33, 262, 313, - et le Catalogue des Billets émis pendant la guerre, A. Forbin, 80, rue Saint-Lazare, p. 93.
15. Lettres des 18 et 19 décembre 1918.
16. Lettre du 18 décembre 1918.
17. Renseignement fourni verbalement par la Société Générale.
18. Lettre de M. Léon Perrot, secrétaire en chef des bureaux de la mairie de Saint-Mandé, en date du 22 mars 1919.
19. Ces armes sont celles de la famille du contrôleur général des finances Bertin, qui posséda la seigneurie de Chatou au XVIIIe siècle. (Cf. A. Curmer, Les Seigneurs de Chatou, Versailles, 1919, in-8., p. 114.)
20. Lettre du Secrétaire de la mairie de Sannois, du 28 mars 1919.
21. Renseignements administratifs. Cf. sur cette émission le journal l'Echo de Versailles, numéro du vendredi 12 avril 1918.
22. Ce coq est une des pièces des armes de la ville de Versailles, qui se lisent : d'azur à trois fleurs de lis d'or, qui est de France, au chef d'argent chargé d'un coq à deux têtes, naissant, au naturel.


(source : gallica.bnf.fr)

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