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BÉTHUNE
(62)


Billet de necessite - Béthune
Compagnie de Béthune
50 centimes - Emission du 31 octobre 1917
Uniface, 118 x 82 mm

Article extrait de 1924 :

COMPAGNIE DES MINES DE BÉTHUNE

La Compagnie de Béthune a été fondée le 25 septembre 1851. La concession, attribuée par décret du 15 janvier 1853, avait une superficie de 5.764 hectares. Une extension accordée en 1857 porta la superficie concédée à 6.352 hectares.

Développement de l'extraction de 1853 à 1923

Années Production (Tonnes) Nombre de puits
1853.......... 4.140 1 puit
1893.......... 991.097 7 puits
1913.......... 2.422.860 12 puits
1923.......... 1.892.497 11 puits


ETAT DES INSTALLATIONS AU 1er AOUT 1914

Au 1er août 1914, la Compagnie de Béthune possé­dait onze sièges d'extraction en exploitation. Le nombre total des puits, compte tenu des puits d'aérage et de service, était de 20.
Aux usines de Bully-les-Mines étaient centralisés :
Le lavage des charbons, qui, outre les fines à coke, fournissait, pour chaque, catégorie de charbons extraits, des grains, menus et fines lavés;
428 fours à coke, qui produisaient des cokes métallurgjques, cokes de fonderie, sucrerie, brasserie, etc. La pro­duction avait été de 392.691 t. en 1913.
La récupération des sous-produits : sulfate d'ammoniaque, ben­zol, goudron.
Les excédents de gaz non employés au chauffage des fours à coke étaient, soit brûlés dans des chau­dières spéciales, soit, en faible quantité, distribués au public dans les communes voisines.

PÉRIODE DE GUERRE 1914-1918

Dès le 4 octobre 1914, lors de la « cour­se à la mer », la con­cession fut partiellement envahie. Le front se stabilisa d'abord suivant une ligne qui laissait au pouvoir de l'en­nemi 1.500 hectares de concession et quatre puits (n° 4, 4 bis, 8 et 8 bis).
Par la suite, les offensives alliées reconquirent envi­ron I.050 hectares de la concession, mois les deux puits 8 et 8 bis ne furent libérés qu'au début d 'octobre 1918.
Sur les onze sièges d'extraction qui étaient en activité avant guerre, cinq durent être arrêtés dès octobre 1914.
La Compagnie porta tout son effort sur l'extraction aux sièges restants : n° 1, 2, 3, 6, 9, 10. Encore les puits 3 et 9, situés à 2.500 mètres des premières lignes, durent-ils être arrêtés pendant de longues périodes. On parvint ainsi à réaliser une production appréciable au prix de précautions incessantes (travail de nuit, suppression des bruits, lueurs et fumées), et grâce à l'abnéga­tion du personnel.
Le 11 novembre 1918, à ne mentionner que les dégâts les plus importants, l'état des puits et des installations de surface se présentait comme suit :
Deux puits (n° 8 et 8 bis) dont l'ennemi avait fait sauter l'orifice, crevé les cuvelages, et où avaient été déversés des matériaux de toute nature y compris obus et grenades non éclatés, caisses d'explosifs amorcés.
Installations de 6 puits (n° 4, 4 bis, 5, 7, 8, 8 bis) totalement détruites.
Dégâts très graves aux installations des autres puits.
Deux batteries de fours à coke (192 fours) inutilisables et irréparables; une batterie (72 fours) fortement ébranlée et disloquée.
Magasins centraux incendiés avec les approvisionnements qu'ils contenaient.
Bassin d'embarquement à Violaines, sur le canal d'Aire à La Bassée, entièrement détruit : quais effon­drés, ponts abattus, matériel anéanti.
Sur 4.400 maisons ouvrières : 860 anéanties, 590 réduites à des pans de murs, 1.115 inhabitables. Avant que la mobilisation industrielle ne rendit à la mine la majeure partie des ouvriers d'âge militaire, les régiments du Nord et de l'Est, auxquels ils appartenaient presque tous, avaient déjà largement payé leur tribut. Au tableau d 'honneur des agents et ouvriers de la Compagnie morts pour la France, à côté de 108 tués et 164 blessés par faits de guerre au travail, figurent les noms de 847 combattants aux armées.

RÉFECTION, TRANSFORMATION ET EXTENSION

Programme d'ensemble. - Les traits caractéristiques des installations reconstituées sont les suivants :
Extension et amélioration des cités ouvrières. Les 4.400 maisons de 1914 étaient reconstruites dès 1920, 1.874 autres, ont été construites depuis lors et 103 sont en construction. Le nombre total des mai­sons sera de 6.377 à fin 1924.
Développement des moyens mécaniques d'abatage : la puis­sance des compres­seurs en service est passée de 5.470 à 9.440 CH. Le nombre des marteaux pneuma­tiques employés au fond est passé de 410 à 1.400.
Perfectionnement et développement de la récupération des sous-­produits, et notamment de la distillation du goudron.
Utilisation des char­bons cendreux et des poussiers, soit sur grilles mécaniques soit par la chauffe au charbon pulvérisé.
Renforcement de la centrale électrique (42.000 kws contre 14.000 en 1914).
­ Généralisation de la commande électrique dans tous les services et suppression presque complète des ma­chines à vapeur. Enfin, utilisation aussi complète que possible du gaz des fours à coke.
Situation actuelle. - Le graphique de l'extraction et celui de la production de coke, de 1913 à 1923, donnent l'idée du travail accompli.
Toutefois, le siège n°8 n'a pas encore repris l'extrac­tion. Sa reprise a successivement exigé la cimen­tation des morts terrains, la construction, à l'orifice du puits, de couronnes de maçonnerie remplaçant les terrains désagrégés par l'explosion des mines alle­mandes; puis la réparation des cuvelages. Le déblaie­ment du puits obstrué est en voie d'achèvement et l'épuisement des eaux va commencer. D'autre part, le rétablissement des installations de surface touche à sa fin.

PRODUITS ACTUELS DE L'EXPLOITATION

Aux produits marchands que la Compagnie fournissait ayant-guerre à sa clientèle, et qui ont été énumérés plus haut s'ajoutent maintenant :
Phénols, Naphtaline, Huiles lourdes, Anthracènes, Brai sec, provenant tous de la distillation du goudron.
Ammoniaque synthétique. Gaz de ville sous pression pour transport à longue distance.