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1924 :
La Faiencerie de Digoin a été construite en 1876 par l'ancienne Société en nom collectif « Utzschneider & Cie », également connue sous le nom de « Fayenceries de Sarreguemines », dont l'origine remante à 1782, et dont les gérants successifs ont pris place dans les annales de la Céramique française : François-Paul Utzschneider, le Wedgwood français; son gendre, le baron Alexandre de Geiger, qui fut sénateur de la Moselle; ensuite, le fils de celui-ci, le baron Paul de Geiger, chevalier de la Légion d'honneur, mort en 1913.
Ce fut le baron Paul de Geiger qui décida la création de Digoin, pour permettre à la Société Utzchneider de continuer en France ses relations commerciales que venait de briser le Traité de Francfort (1871), en détachant brutalement la Lorraine de la mère patrie.
La nouvelle usine se développa très rapidement, grâce à l'excellent noyau de contremaîtres et d'ouvriers d'élite, formés à Sarreguemines et envoyés à Digoin, pour y apporter les bonnes traditions d'ordre, de soin dans l'exécution du travail, de discipline, de bon accord entre tous.
Vers 1890, le premier groupe d'ateliers installés en 1876 avait atteint son plein rendement. La création d'un nouveau groupe fut décidée et réalisée, malgré la difficulté de réunir un nombre suffisant d'ouvriers et ouvrières pour la mise en service complet des moyens de fabrication. En quelques années, les expéditions annuelles de marchandises se chiffraient par 8.000 et même 9.000 tonnes. Est-il besoin de faire remarquer que la Société avait installé ses nouveaux ateliers de Digoin dans les conditions qui parurent à sa longue expérience les plus favorables à l'exploitation d'une industrie céramique. Depuis cette époque, les méthodes et la technique ont progressé et la direction, qui se tient toujours au courant des nouveautés intéressantes, cherche constamment à les utiliser pour améliorer son outillage, ses procédés de fabrication, introduire dans ses installations les modifications qu'il paraît opportun et avantageux d'adapter pour le bon renom de la qualité des produits fabriqués et pour abaisser les prix de revient. Elle se préoccupe en même temps de faciliter le travail et d'augmenter le bien-être de son personnel. Des institutions de prévoyance fonctionnent au profit de ce personnel. Une cité ouvrière, construite dans le voisinage de la fabrique, permet de louer à des employés ou à des ouvriers un certain nombre de logements salubres. Des terrains à cultiver sont mis à la disposition des ouvriers et employés, moyennant une rétribution très modérée.
En 1913, la Société « Utzschneider & Cie » venait à expiration. Elle fut remplacée par deux Sociétés anonymes distinctes : l'une, à Sarreguemines, sous le même nom que précédemment, gardait les usines de Lorraine; l'autre, constituée avec les Faïenceries de Digoin et de Vitry-le-François, usine construite quelques années après celle de Digoin, prenait le titre : « Etablissements Céramiques de Digoin, Vitry et Paris ». La victoire et le retour à la France de l'Alsace et de la Lorraine permirent de fusionner les deux Sociétés de 1913 en une seule, le 8 mars 1920, sous le nom actuel de : « Fayenceries de Sarreguemines, Digoin et Vitry-le-François », anciennement Utzschneider & Cie, Société anonyme au capital de 22.500.000 fr., siège social à Paris, 28, rue de Paradis.
La production de la Société se répartit entre ses manufactures : à Digoin, la vaisselle courante de ménage, assiettes, plats, bols, tasses, cruches, pots à moutarde et à onguent, boites pour parfumeurs, etc...; les services de table, cabarets, garnitures de toilette, en faïence fine, blanche ou décorée par divers procédés d'enluminure : impressions monochromes et polychromes, peintures sur biscuit et sur émail, les beaux grès de « Revernay », dont on appréciera la valeur au Salon de la Décoration Française, ainsi qu'à l'.Exposition des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. A Sarreguemines, en plus de la fabrication des articles courants de vaisselle, les grès artistiques, les beaux et riches services de table, les articles de fantaisie et d'exportation; à Vitry-le-François, la fabrication de carreaux de revêtement de poêles en faïence et d'articles dits « sanitaires »; enfin, aux ateliers de Paris est réservée la production spéciale des panneaux décoratifs.
Vieille de plus d'un demi-siècle, l'ancienne manufacture de grès et poteries de Digoin devint, en 1904, une société anonyme sous sa nouvelle appellation.
Depuis, des agrandissements successifs ont complètement transformé la manufacture dont le matériel a été entièrement modernisé. Situées entre la ligne Moulins-Mâcon et le canal du Centre, les usines sont pourvues d'un port sur le canal et d'un raccordement particulier au P.-L.-M. Cette manufacture, une des plus importantes de France en tant que grès et poteries, s'est fait une spécialité des articles en grès, pour conserves, salaisons et produits chimiques, articles de ménage et d'horticulture.
Ses produits réputés par la qualité due à l'excellente matière première dont les gisements se trouvent à proximité, sont très appréciés notamment en Angleterre et en Amérique du Sud.
