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Article extrait de
1927 :
La Société Anonyme des Aciéries et Forges de Firminy a été créée en 1867, succédant à la Société en commandite F.-F. Verdié et Cie, établie elle-même en 1854 pour permettre le développement d'un atelier de fusion au creuset, de puddlage et d'étirage au martinet.
Dès 1865, les fours à creusets étaient munis de récupérateurs Siémens, et, en 1867, c'est à Firminy que le four Martin était réellement mis au point et prenait son premier développement industriel.
En 1885, le développement des usines de l'Est obligea les Aciéries de Firminy à s'orienter vers des fabrications de plus en plus spécialisées.
De cette époque date la physionomie si particulière des Usines de Firminy, dans lesquelles l'on voit grandir parallèlement les énormes halls où s'élaborent les lingots de 100 tonnes et les ateliers où se tréfilent les cordes les cordes à piano.
Vienne la grande guerre, et toute cette organisation va se trouver prête à fournir canons par milliers, obus par millions, ainsi qu'éléments de toute nature pour avions, autos, etc.
A l'heure actuelle, la diversité des fabrications s'est encore accentuée, comme on en jugera par une rapide énumération des principaux produits.
Les mêmes soins sont toujours apportés à la bonne fabrication des aciers, grâce à l'emploi des fontes très pures obtenues dans l'usine même.
Au four Martin et au four à creusets est venu s'ajouter le four électrique.
A l'ancienne spécialité de moulages d'acier ont été adjoints les moulages en acier au manganèse pour rails, pièces de voie et broyeurs.
Les pièces de grosse forge sont en progression constante : Rotors d'alternateurs, Tambours de réducteurs, Collecteurs de chaudières à haute pression, etc., etc., atteignent des dimensions inconnues jusqu'ici et exigent des lingots de 80 à 100 tonnes.
En moyenne forge : arbres, éléments de canons, gros obus, bombes d' aviation, essieux coudés, réservoirs de torpilles, essieux et bandages de chemins de fer, etc.
En petite forge, obus, matériel pour l'automobile et l'aviation : arbres, bielles, engrenages, soupapes en aciers spéciaux, etc.
Les laminoirs livrent au commerce et aux constructeurs les barres d'aciers à outils, d'acier fondu au creuset, d'aciers inoxydables et d'aciers spéciaux pour constructions. Aux ateliers de l'usine, ils fournissent les ébauchés qui subiront mille transformations.
La tréfilerie en tire les fils pour rayons de bicyclettes, ressorts de meubles et de sommiers, aiguillerie, les fils extra-supérieurs pour ressorts, les cordes à piano.
La taillanderie el l'outillage en façonnent les socs, les versoirs, les dents de herse, etc., les marteaux, masses, massettes, tranches, burins, forets. tarauds. fraises. Etc., auxquels il faut encore ajouter les enclumes en acier. Un atelier spécial transforme les bancs d'acier plates ou rondes en ressorts de toutes formes et de toutes dimensions : ressorts à lames pour chemin de fer, tramways, automobiles ou carrosserie, ressorts en hélice ou en spirale pour toutes applications.
Un autre atelier livre par millions les pièces de rechange pour les machines de récolte : sections de lames, contre-plaques, plaques d'usure, barres coupeuses, etc.
Aux anciennes fabrications d'avant guerre est venue s'ajouter celle de la fonte malléable, entièrement nouvelle pour la région.
Limitée au début aux raccords de chauffage et de tuyauterie en fonte blanche Réaumur, cette fabrication s'est étendue progressivement aux maillons de chaînes, aux pièces de machines agricoles, de cycles, d'armurerie, etc. Elle a abordé ensuite les pièces en fonte à cœur noir entrant dans la construction des automobiles, des wagons de chemins de fer, etc.
Ce nouveau débouché a pris une importance considérable, et de vastes ateliers, équipés d'après les méthodes les plus modernes, permettent à cette fabrication d'atteindre les domaines illimités qui s'ouvrent devant elle.
Ce rapide exposé suffit à montrer que les Usines de Firminy sont bien vivantes et que la France les trouvera toujours prêtes à répondre à son appel pendant la paix comme pendant la guerre.
