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Article extrait de
1924 :
Au Nord du département, dans le massif montagneux que découpent les vallées du Gardon, de l'Avène, de l'Auzonnet et de la Cèze, se trouvent plusieurs gisements de houille dont le plus important est exploite par la Compagnie des Mines de la Grand'Combe.
Ces mines sont parmi les plus anciennes dont l'exploitation ait été officiellement réglementée, car déjà, par un acte du 7 juin 1344, le roi de France en attribuait la concession au dauphin de Vienne, Humbert II, dans les quartiers du Mas-Dieu et de la Forêt d'Abilon.
D'autres actes relatent des échanges de mines, grevées de cens, à Laval, contre des Mines de franc alleu situées au quartier de Malpertus, et, quand, en 1559, les arquebusiers et « maistres de feux » de la vallée du Gardon construisent des « baumes » (puits d' extraction) dans la forêt de l' Abellière (entre Trescol et Champclauson), une réglementation très précise établit alors tout un système de redevances et d'obligations minutieuses.
Deux siècles plus tard, en 1774, le sieur Tubœuf obtient, par un arrêt du conseil du roi, le privilège d'exploiter les mines situées aux environs d'Alais et de Saint-Ambroix. Mais cette concession est vivement combattue par les propriétaires du sol, au nombre desquels se trouve le maréchal de Castrie, et en 1784, propriétaires et exploitants en viennent aux mains dans un combat sanglant près du château de Trouillas.
En 1809 intervient un partage des concessions qui attribue aux héritiers Tubœuf, la concession de Montaut ou Rochebelle, près d'Alais, tandis que six autres sont attribuées aux propriétaires du sol. Ce sont : celles de Trouillas et la Grand'Combe, Trescol et Pluzor, L'Affenadou, La Levade, Saint-Jean et Champelanson. Enfin, le 27 juillet 1837, M. Paulin Talabot réunit ces six concessions pour former la Société des Mines de la Grand'Combe et Chemins de fer du Gard, ayant pour objet l'exploitation des mines et l'aménagement d'un chemin de fer des mines à Beaucaire. Cette ligne est cédée, en 1852, à la Compagnie des Chemins de Fer de Lyon à la Méditerranée et par décret impérial 13 octobre 1855 la Société en commandite, créée en 1837, se transforme en Société Anonyme sous la dénomination définitive de « Compagnie des Mines de Grand'Combe », au capital de 6 millions de franc, divisé en 24.000 actions de 250 francs.
Depuis, diverses assemblées d'actionnaires ont décidé : en 1877, l'acquisition de la Concession de lignites de Trets, dans les Bouches-du-Rhône; en 1916, celle de Comberedonde (Gard) et, en 1921, l'augmentation du capital social, porté à 31.875.000 francs.
Le terrain houiller présente, dans les concessions de la Compagnie, qui occupent une surface de 9.697 hectares, deux systèmes de couches, connus, l'un sous le nom de faisceau Grand'Baume (stéphanien moyen), l'autre sous le nom de Montagne Sainte-Barbe (stéphanien inférieur), auquel se rattache à Saint-Jean-de-Valériscle le système de Molières.
En 1884-1885, un sondage effectué au mur du faisceau Grand'Baume a permis en outre de découvrir, à 800 mètres; tout en restant dans le même horizon, deux autres couches puissantes de six et dix mètre d'épaisseur.
Au point de vue technique, l'exploitation se fait à six sièges principaux : Ricard-Forêt, Pontil, Trescol, Champclauson, Laval et Saint-Jean-de-Valériscle, par huit puits d'extraction et une grande galerie de 2.500 mètres de longueur desservie par des locomotives électriques.
Six autres puits servent à l'aérage et à l'épuisement.
Au centre de chaque siège, des ateliers annexes assurent le criblage et l'épierrage des charbons; certain peuvent classer 150 tonnes à l'heure.
Les menus 0/50 provenant de ces ateliers sont ensuite traités à des lavoirs dont le plus récent, celui de Trescol, donne, à raison de 120 tonnes à l'heure, des châtilles 30/50, des noisettes 20/30, des braisettes 12/20, des grenettes 5/12 et des fines 0/5.
La plus grande partie de ces fines est soumise ensuite à l'agglomération dans un atelier central, comportant six presses à briquettes et quatre presses à ovoïdes avec doseurs, fours sécheurs et malaxeurs. La production journalière de cet atelier peut atteindre 1.500 tonnes de produits agglomérés.
A ces divers ateliers, de même qu'à tous les appareils d'épuisement, d'aérage, d'air comprimé, de traction, le courant électrique est fourni par une centrale de 15.000 kilowatts. Toute cette puissante organisation occupe plus de 5.500 ouvriers et produit chaque année 700.000 tonnes environ de produits marchands. Les industriels du Sud-Est, des Savoies et du littoral méditerranéen apprécient particulièrement ses charbons à cendres infusibles et à faibles teneurs en cendres et, depuis quelques années, les anthracites de la Grand'Combe (Pise et Champelauson) fournissent une large part de la consommation des chauffages centraux et appareils à combustion lente de Lyon à Marseille et de Nice à Toulouse.
Depuis la guerre, le problème de la main-d'œuvre intimement lié à la prospérité de l'industrie houillère en France a été une des préoccupations constantes de la Compagnie de la Grand'Combe, et, pour remédier à cette crise, elle s'est attachée à améliorer sans cesse les conditions matérielles d'existence de ses ouvriers, tout en se préoccupant de plus en plus de leur situation morale.
C'est ainsi que, depuis 1918, plus d'un millier de logements nouveaux ont été mis à la disposition de son personnel et que notamment quatre cités ouvrières ont été édifiées dans des quartiers parfaitement sains et agréables.
Ces logements, que la Compagnie loue à ses ouvriers à des prix excessivement modiques et dont le taux va même en décroissant avec le nombre d'enfants des occupants, n'ont rien à envier, au point de vue confort et hygiène, aux plus complètes installations de ce genre.
Plus de mille jardins sont donnés aux ouvriers et ceux-ci rivalisent de goût et d'ingéniosité pour les rendre productifs et agréables.
De vastes espaces sont aménagés pour les jeux; des salles d'exercices ou de réunions, une salle des fêtes, sont mises à la disposition des diverses sociétés que la Compagnie patronne et subventionne.
Parmi celles-ci se remarquent spécialement : sa Musique, fondée en 1901, groupant plus de cinquante exécutants et de nombreux élèves, qui, maintes fois, ont participé brillamment à des concours régionaux; la Société de préparation militaire « La Sainte-Barbe », agréée par le ministre de la Guerre en 1912 et dont certaines sections de foot-ball et de basket-ball ont enlevé les championnats du Languedoc de leur série en 1923.
Mais c'est dans le développement des œuvres d'assistance sociale que la contribution de la Compagnie fut de tout temps la plus marquée.
Bien avant que la loi en fît une obligation, elle avait créé dès 1870 des Sociétés de prévoyance, dont les caisses étaient alimentées en majeure partie de ses deniers, pour assister ses ouvriers malades ou blessés, ainsi que leurs familles, et pour assurer des retraites à ses vieux collaborateurs.
Après avoir fondé des écoles dans les divers quartiers de la Grand'Combe, ouvert des salles d'Asile ou des Garderies d'enfants, la Compagnie créait récemment deux dispensaires, une école ménagère, organisait un service anti-tuberculeux et installait, dans un de ses hôpitaux, les derniers perfectionnements de mécanothérapie et radiographie.
Des allocations aux familles nombreuses, des gratifications accordées aux médaillés du Travail, le chauffage gratuit, des bourses d'études et diverses autres subventions complètent toute cette organisation ayant pour but de faire participer le personnel à la prospérité de la Compagnie.
