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Guide Conty, Paris en poche, 1878 :
COLONNE VENDOME, place Vendôme et rue de la Paix, près des Tuileries et de la rue Saint-Honoré.
Commencée en 1806, elle fut érigée en 1810 à la gloire des armées françaises et fondue en bronze avec 1,200 canons enlevés aux armées russes, prussiennes et autrichiennes.
Cette colonne destinée à retracer les principaux faits de 1805, depuis le Camp de Boulogne jusqu'à Austerlitz, est surmontée de la statue de Napoléon Ier en costume d'empereur romain.
Elle fut originairement établie sur les pilotis qui portaient autrefois la statue équestre et colossale de Louis XIV.
Les dessins des bas-reliefs appliqués sur une colonne de pierre, dans l'intérieur de laquelle a été pratiqué un escalier à jour de 176 degrés, représentent en 274 plaques de bronze, la campagne de 1805 contre la Russie et l'Autriche.
Hauteur de la colonne : 44 m, 20 c. ; diamètre, 4 mètres environ. Elle a été faite sur le modèle de la colonne Trajane de Rome et est d'un douzième plus élevée.
Historique de la colonne. - En 1814, quand les troupes alliées entrèrent dans Paris, la statue impériale sciée à sa base et jetée à terre, fut brisée en mille morceaux qui servirent à fondre la statue équestre d'Henri IV, qui orne le Pont-Neuf.
Pendant la Restauration, on substitua à la statue une énorme fleur de lis surmontée du drapeau blanc.
Puis, Louis-Philippe restitua à la colonne la statue en bronze de Napoléon Ier dans son costume légendaire (la redingote et le petit chapeau) ; c'était sous le ministère de M. Thiers, en 1832.
Napoléon III fit remplacer cette statue par le Napoléon en empereur romain.
Après la déchéance de Napoléon III, et la guerre de 1870, les communards, sous la direction du déboulonneur Courbet, démolirent et firent tomber ce souvenir des gloires françaises.
NOTA. - L'Assemblée nationale, le 30 mai 1873, a décidé à une majorité considérable (60 voix contre) que la colonne serait rétablie telle qu'elle était, et elle est aujourd'hui rétablie à la satisfaction générale.