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Jeton Anisette Marie Brizard
Anisette Marie Brizard
Capsule Fer - Intérieur Bleu avec timbre de 10 centimes, 32 mm


Article extrait de 1924 :

Les Héritiers de Marie Brizard & Roger
128-138, rue Fondaudège – BORDEAUX - rue Fondaudège, 128-138

Dans la première moitié du XVIIIe siècle, vivait à Bordeaux une demoiselle Marie Brizard, ne possédant qu'une très modeste fortune, mais ayant une vieille recette de famille pour la préparation d'une li­queur dont l'anis était une des bases.
Mlle Marie Bri­zard, que la na­ture avait douée d'un cœur essentiellement géné­reux, prit l'habi­tude, après avoir constaté et fait constater par de nombreux amis les précieuses qualités toniques de sa liqueur, d'en offrir géné­reusement aux pauvres gens que leur situation sociale condamnait à se priver des douceurs de la vie.
Un jour vint pourtant où, ne pouvant suffire à ses charitables pro­digalités, Mlle Marie Brizard dut, pour conserver ces douceurs à ses pauvres, cé­der aux sollicita­tions de ses nom­breux amis, qui ne demandaient qu'à acquérir sa liqueur.
Elle se laissa donc faire vio­lence et, en très peu de temps, la fabrication de l'a­nisette devint une véritable in­dustrie,dont l'importance n'a cessé de s'accroître depuis l'année où elle prit vraiment ce caractère, c'est-à-dire depuis 1755. Vers cette époque, Mlle Marie Brizard s'associa avec M. jean-Baptiste Roger et le maria, le 13 juillet 1766, avec sa nièce, Anne Brizard, qu'elle aimait comme sa propre fille. Ainsi fut fondée la Mai­son Marie Brizard et Roger, qui s'est toujours transmise par voie d'héritage; elle est dirigée, depuis près de deux siècles, par des membres de la famille Roger, tout en conservant fidèlement le nom de sa fondatrice.
Les Chefs de la Maison ne se sont pas long­temps confinés dans la production de l'Anisette, qui est restée et restera toujours pour eux une spécialité incomparable, malgré les très nombreuses imitations qu'elle a suscitées; ils ont successivement abordé, avec un plein succès, la fabrication de toutes les espèces de liqueurs : ca­caos, curaçaos, abricot-brandy, cherry-brandy, menthe, etc., et l'on peut dire sans exagération que c'est à la Maison Marie Brizard et Roger que revient l'hon­neur d'avoir créé en France cette industrie des liqueurs qui compte aujourd'hui parmi les plus florissantes de notre pays.
Les liqueurs de la Maison Marie Brizard et Roger n'ont pas tardé à remporter les plus hautes récompenses aux Expositions internationales de Paris 1855, 1867, 1889, ainsi qu'à Londres, Vienne, Philadelphie, New-­Orléans, San-Francisco, Saint-Louis, Capetown, Liège, Milan et Turin.
Elles ont vu solennellement consacrer leur mérite exceptionnel, par leurs concurrents hollandais, aux Expo­sitions d'Amsterdam de 1883 et de 1895, où le jury n'a pas hésité à décerner à la Maison deux diplômes d'hon­neur. Enfin, les Chefs de la Maison ont fait partie des jurys des Expositions de Bordeaux, en 1882, 1895 et 1907, Vienne 1891, Chicago 1893, Anvers 1894, Lyon 1894, Bruxelles 1897, Paris 1900, Londres 1908, Bruxelles 1910, Buenos-Aires 1910, Gand 1913, Strasbourg 1919, et l'un d'eux a été nommé commissaire rapporteur du Gouvernement français à l'Exposition de Chicago.
C'est ainsi que, dans tous les pays, a été consacrée la réputation d'une vieille Maison, bien française, qui n'emploie dans ses préparations que des eaux-de-vie françaises, des alcools français, des sucres raffinés en France, des plantes récoltées en France, et ne demande à l'étranger que les matières que notre pays ne produit point, telles que les cacaos, les vanilles, les cafés de Salem ou de Moka, les vraies écorces de Curaçao.
La Maison Marie Brizard et Roger possédait déjà une magnifique usine, occupant 3.000 mètres carrés, à Bor­deaux, 128, 130, 132, 134, 136 et 138, rue Fondaudège, dotée de tous les derniers perfectionnements modernes qui la placent au premier rang des fabriques de liqueurs; mais les affaires, depuis ces dernières années, ont pris une telle extension, que la création d'une seconde usine s'est bientôt imposée; elle a été construite aux portes de Bordeaux, sur la commune du Bouscat, et comme la précédente, elle a été dotée de tous les derniers perfectionnements.




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