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Jeton Qui Vive France - Mai 1882 - Ligue des Patriotes - 1870 18...
Qui Vive France - Mai 1882
Ligue des Patriotes - 1870 18... Quand même
Bronze rond, 23 mm

Sur la Ligue des Patriotes :
http://gallica.bnf.fr/themes/PolXVIIIIa.htm
http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/89-06-17Emmerich.htm
http://wwwassos.utc.fr/~plaider/calimero/19/histoire-origines.html

Sur Paul Deroulede :
http://www.19e.org/personnages/france/D/deroulede.htm
http://pageperso.aol.fr/cartepostalemuse/SUITE15index.html



Ci-dessous, quelques articles extraits du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle :


DÉROULÈDE, poète français, né à Paris en 1846. - En 1877, M. Paul Déroulède écrivit et fit représenter à l'Odéon un drame en cinq actes et en vers, l'Hetman, qui eut un certain succès. Ce n'était pas à proprement parler, une œuvre dramatique, mais des pages détachées d'une épopée à laquelle se marient les accents guerriers du clairon. Lors de l'Exposition de 1878, il fut question dans le public d'adopter un hymne de circonstance, qui pourrait être chanté dans les fêtes sans blesser aucune opinion politique : M. Déroulède, sur la demande de Mme de Mac-Mahon, écrivit à ce propos une cantate intitulée Vive la France ! dont M. Gounod composa la musique.

Vive la France ! Allons, Français !
Abjurons toute intolérance.
Ouvriers, paysans, soldats,
Au travail, aux champs, aux combats !
Vive la France !

C'était parler une langue faite pour être chantée au milieu d'une Exposition universelle, mais l'auteur disait un peu plus bas :

Des trois couleurs de ton drapeau
Maint parti ne veut qu'un lambeau,
Mais le peuple a sa préférence,
Et ni rouge, ni blanc, ni bleu,
C'est tricolore qu'il le veut !

Ce couplet inoffensif parut factieux à l'Elysée, qui y vit un blâme donné au drapeau blanc ! La cantate ne fut pas chantée.
En 1880, M. Paul Déroulède lut au comité de la Comédie-Française, qui le reçut d'acclamation, un drame biblique intitulé, la Moabite. Sur ces entrefaites eurent lieu les représentations de Daniel Rachat, et en présence de l'accueil fait à la pièce de V. Sardou, le directeur de la Comédie-Française jugea inopportun de faire jouer une pièce qui faisait à certaines croyances religieuses une part au moins aussi grande que le drame de. M. Sardou. L'année suivante parurent Marches et Sonneries, suite aux Chants du soldat, et, à l'occasion de la mort de Gambetta, M. Déroulède publia des strophes funèbres, empreintes d'un haut sentiment de fierté républicaine et animées du souffle le plus élevé.
Depuis cette époque, M. Déroulède n'a écrit aucune poésie, et son bagage littéraire ne s'est accru que d'une biographie de La Tour d'Auvergne, sous ce titre : le Premier Grenadier de France (Paris, 1886, in-16), d'un ouvrage où, sous le titre significatif de Avant la bataille, il traite de l'organisation de notre armée (1886, in-18), et du Livre de la Ligue des Patriotes (1887, in-18). En revanche, l'auteur des Chants du soldat a attiré sur lui l'attention publique en sa qualité de président de la Ligue des Patriotes. A Levallois-Perret, pendant l'inauguration d'un monument funèbre élevé à la mémoire de soldats tués au Tonkin, il protesta contre le déploiement de drapeaux rouges fait par diverses sociétés (mars 1888) : une bagarre eut lieu. Peu de jours après, M. Déroulède, en réponse aux attaques des journaux socialistes, écrivit au « Matin » que ses amis et lui regrettaient de n'avoir pas expulsé du cimetière « les souteneurs de l'étendard international ». Lors des élections législatives de 1885, M. Paul Déroulède posa dans le département de la Seine sa candidature à laquelle il donna un caractère principalement patriotique : il échoua, avec 104.000 voix, le 27 décembre. Après la chute du ministère Goblet, il prit chaudement parti pour le général Boulanger et fut le principal instigateur des manifestations qui eurent lieu à la gare de Lyon d'abord, puis à la revue du 14 juillet 1887.
Cinq ans auparavant, il avait dit dans ses strophes à Gambetta :
Jamais je n'ai mêlé, criant ma préférence,
Le nom d'aucun Français au grand nom de la France !
Au lendemain de l'incident de Pagny-sur-Moselle, le renversement du général Boulanger lui parut une concession fâcheuse faite à l'Allemagne, et il solidarisa la cause du général avec celle de la patrie. Cette attitude, approuvée par des sections locales de la Ligue, fut blâmée par d'autres : pendant que le parti opportuniste se séparait de M. Déroulède, la « Lanterne », l’ « Intransigeant » se rapprochaient de lui, et l'ancien président de la Ligue des Patriotes (M. Déroulède avait récemment donné sa démission de président) n'eut pas de plus chaud défenseur que MM. Mayer et Henri Rochefort. Après la mort de Katkof, M. Déroulède fit un voyage en Russie. A son retour, il passa par le Danemark, où se trouvait alors le czar, et il chercha inutilement à être reçu par Alexandre III. Le 17 juin 1888, il se présenta aux élections législatives de la Charente comme candidat boulangiste, mais il échoua.




Drapeau (LE), journal hebdomadaire, moniteur illustré de la Ligue des patriotes, fondé à Paris le 15 décembre 1882. Le Drapeau, qui a pris pour devise : « Qui vive ? France ! Quand même ! », est un organe de propagande et d'enseignement patriotique.
C'est une sorte de magasin d'éducation française, où sont passés en revue, à leur jour anniversaire, toutes les gloires de la nation depuis les origines de la France, ou se trouvent des nouvelles et des romans conçus dans le même esprit d'encouragement et d'enseignement, des historiques de régiments, des extraits de mémoires, des poésies patriotiques et aussi de très instructives et très significatives citations d'auteurs allemands de tous les genres. Un bulletin de la politique étrangère permet de suivre l'Europe dans ses variations sympathiques ou hostiles à notre égard. Pour donner une base et un résultat pratique à son enseignement moral, le Drapeau réserve une large part aux communications sur l'armée, les sociétés d'escrime, de gymnastique et de tir, de topographie militaire, etc. Le Drapeau, dirigé d'abord par M. Armand Goupil, puis par M. Dick de Lonlay (1888), a pour rédacteur en chef M. Joseph Montet.






Ligue des Patriotes. L'initiative de la Ligue des Patriotes, dont on fait le plus souvent honneur à M. Paul Déroulède, semble en réalité appartenir à ceux qui, dès 1872, fondèrent à Paris une Ligue de la délivrance, laquelle avait exactement le même programme. Quoi qu'il en soit, le 18 mai 1882, à la suite d'une fête donnée par l'Association des sociétés de gymnastique de la Seine, l'idée de cette société, qui n'était pas jusque-là sortie d'un cercle étroit, fut remise en lumière par un chaleureux discours de M. Déroulède. Un comité provisoire se constitua aussitôt et fonda la Ligue des Patriotes. Le but de l'association était nettement indiqué par les organisateurs. « Désireux, disaient-ils dans leur déclaration, de relier entre elles les forces vives de la nation, et persuadés que le relèvement du pays vaincu est une idée commune aux bons français de tous les partis, nous faisons appel à tous nos concitoyens pour l'organisation d'une Ligue nationale qui aurait pour but la propagation de l'éducation militaire et patriotique, et pour effet le groupement de toutes les bonnes volontés françaises. » L'absence de couleur politique était une des bases de l'association, dans la pensée des fondateurs, qui écrivaient en tête des statuts : « Républicain, bonapartiste, légitimiste, orléaniste, ce ne sont là chez nous que des prénoms. C'est « patriote » qui est le nom de famille. »
La Ligue des Patriotes fonctionna d'abord régulièrement et consacra les ressources qui lui provenaient de dons et de la cotisation de ses membres à aider à la création et au développement des sociétés de gymnastique, de tir, d'escrime, de topographie, etc., à l'organisation de cours gratuits et à la distribution de récompenses. Elle fonda en province de nombreux comités. Pour aider à la propagation de l'idée qu'elle représentait, elle créa un organe spécial, le Drapeau (v. ce mot), dont la devise est : « Qui vive? France ! » M. Déroulède, qui avait tant contribué au succès de l'association par son activité et par d'importantes subventions, en fut nommé président d'honneur, Henri Martin en étant président effectif. A la mort de celui-ci, en 1883, M. Anatole de La Forge lui succéda. Il donna sa démission en par suite de dissentiments avec M. Déroulède et le comité directeur, qui avaient manifesté des tendances peu dissimulées à introduire la politique dans la Ligue. Depuis, ces tendances n'ont fait que s'accentuer et ont contribué, il faut bien le dire, à la décadence de l'association. En 1887, M. Déroulède, de fait président effectif de la Ligue, donna sa démission, et M. Sansbœuf, un Alsacien, lui succéda ; mais l'autorité de ce dernier fut fortement contrebalancée par celle de M. Déroulède,qui, ou vertement,voulait faire de la Ligue l'instrument d'un parti. La conduite de l'ex-président lors de la démission du président de la République, M. Grévy, et de l'élection de M. Carnot, souleva les protestations de nombreux sociétaires. Par lettre du 7 décembre 1887, M. Déroulède donna encore une fois sa démission de président d'honneur. La Ligue passa par une série d'agitations, causées surtout par les menées d'une fraction de sociétaires qui voulaient faire remonter M. Déroulède à la présidence. M. Sansbœuf, lassé de ces luttes stériles, donna sa démission ; la présidence passa à M. Féry d'Esclands, et une réforme des statuts de l'association, destinée à la ramener à son but primitif, fut votée dans une assemblée générale le 27 mars.
A la suite de cette décision, une scission se produisit dans la Ligue ; il se forma un «groupe d'action», qui voulait que la Ligue « soutint les hommes et les idées favorables à la défense nationale». Le 19 avril, ces dissidents se trouvant en nombre au comité, réélurent M. Déroulède président d'honneur, et, pour dissiper toute incertitude, le nommèrent comme partisan du général Boulanger. De là de nombreuses protestations et la division de la Ligue en deux tronçons. Avec l'un de ceux-ci, d'anciens membres du comité directeur de la Ligue voulurent constituer une nouvelle association sous le nom de l'Union patriotique de France (avril 1888). Le silence qui s'est fait autour de cette tentative peut faire croire qu'elle n'a pas réussi. Quant à la fraction qui suivit M. Déroulède, elle se transforma en association politique de propagande électorale. Le comité central de la Ligue fut complètement renouvelé (1er mai 1888) et il affirma hautement ses tendances en donnant place, dans son sein, à des hommes politiques dévoués au général Boulanger, tels que MM. Turquet, Gallian, Laisant, Laguerre, Le Hérissé, Naquet, etc. L'action de la Ligue ainsi reconstituée fut prépondérante dans l'élection législative du 27 janvier 1889, où le général Boulanger fut élu député de la Seine.
Le 29 avril, le comité directeur de la Ligue ouvrait une souscription en faveur des familles des morts et des blessés de la mission Atchinof, à Sagalla, et « parlant et agissant au nom des 240.000 ligueurs de France, protestait avec la plus vive indignation contre les inqualifiables procédés du gouvernement parlementaire désavoué partons les patriotes, qui n'a pas craint de faire verser le sang russe par des mains françaises. » Le gouvernement jugea, après la publication de ce manifeste, qu il était temps d'intervenir et de mettre un terme aux agissements d'une association complètement sortie de son rôle initial. En conséquence, des poursuites furent intentées contre son comité directeur, composé de MM. Déroulède, président, Turquet, Laisant et Naquet, vice-présidents, et Laguerre, délégué général, sous l'inculpation :
1° d'avoir fait partie d'une association non autorisée ; 2° d'avoir fait partie d'une société secrète. Par jugement du 6 avril 1889, la 8e chambre correctionnelle de Paris renvoya les prévenus du chef d'affiliation à une société secrète, et, les déclarant convaincus de participation à une association non autorisée, les condamna chacun en 100 francs d'amende, c'est-à-dire au minimum de la peine, avec admission de circonstances atténuantes. Des mesures administratives, prises tant à Paris qu'eu province, empêchèrent pour l'avenir les réunions des membres de la Ligue.



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