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Article extrait de
1924 :
La Chambre de Commerce de Nîmes a été créée par arrêté des consuls du 3 nivôse an XI. Sa circonscription comprenait tout le département du Gard. Elle se composait de neuf membres. La première Chambre fut élue, le 19 pluviôse an XI, par quarante-deux notables, sur convocation du préfet. Le premier bureau fut nommé le 22 ventôse an XI, avec, comme vice-président, le préfet étant président de droit, M. J.-Alexandre Vincent-Mourgues, et, comme secrétaire-trésorier, M. Joseph Frat-Maystre. Le premier budget, voté le 15 janvier 1807, était de 2.050 francs. Après les renouvellements intégraux de 1832, 1848 et 1853, le nombre des membres fut porté à douze, le 2 juin 1872, et à quinze, le 3 janvier 1909. Les membres sont classés, actuellement, par profession, en quatre catégories.
Le 30 avril 1909, un décret créa, sur avis favorable de la Chambre de Commerce de Nîmes, la Chambre de Commerce d'Alais et la circonscription de la Chambre de Commerce de Nîmes fut réduite aux trois arrondissements de Nîmes, Uzès, Le Vigan.
La Chambre de Commerce fut ouverte au public, le 9 janvier 1893, les lundis et Jeudis, de 2 à 4 heures; le 6 décembre 1912, les lundis, jeudis et samedis, de 2 à 4 heures, et, le 2 août 1914, tous les jours, matin et soir. Pendant la durée de la guerre, une commission permanente se réunissait tous les jours. Depuis l'armistice, la Chambre de Commerce se réunit deux fois par mois, les premier et troisième mercredis. Une séance est tenue, chaque année, à Uzès, et une au Vigan.
Le 6 décembre 1912, la Chambre de Commerce fit l'acquisition de l'immeuble où elle siégeait depuis de longues années, immeuble dans lequel est né Alphonse Daudet.
Le 4 juillet 1917, elle décida son rattachement à la IIe région de Marseille.
Le 8 octobre 1919, elle créa un Office économique destiné à renseigner ses ressortissants sur toutes les questions industrielles et commerciales pouvant les intéresser.
Elle créa, le 16 juin 1869, la Condition des Soies, qui fut cédée a la Ville le 10 février 1882, et, en décembre 1922, un service de mesurage des peaux destinées à la fabrication des chaussures.
Le 4 octobre 1909, elle ouvrit un cours de sténographie auquel elle adjoignit des cours de comptabilité, écriture commerciale, espéranto, anglais, coupe de vêtements pour hommes, coupe, patronage et piqûre de la chaussure et de la tige, coupe de vêtements pour dames et enfants. Elle a obtenu, pour ces cours, la médaille d'argent à l'Exposition de Gand en 1913, la médaille d'or à l'Exposition de Lyon en 1914, et un diplôme d 'honneur à l'Exposition de Metz en 1920.
En 1923, elle participa à la création de la Chambre de Métiers à Nîmes et lui céda ses divers cours avec le montant total du budget qui leur était affecté.
Le 10 novembre 1911, elle créa des bourses destinées aux élèves de l'enseignement technique.
En septembre 1919, elle contribua à la création de la Banque Populaire du Gard; le 6 octobre 1921, elle affecta une rente de 1.500 francs à récompenser les anciens ouvriers et employés de sa circonscription ayant plus de quarante ans de présence chez le même patron et, le 19 juin 1922. elle contribua à la fondation de la Caisse de Compensation.
Elle adhéra, le 16 septembre 1899, à l'Office des Transports du Sud-Est, qu'elle reçut à Nîmes, les 19 et 20 mai 1913, et, en mai 1919, elle s'affilia à l'Office des Transports du Sud-Ouest.
Elle créa le Comité départemental des horaires, dont la première réunion eut lieu le 10 octobre 1912, et le Comité départemental des P. T. T., dont la première réunion n'eut lieu qu'en 1919.
Pendant la guerre, de septembre 1917 à avril 1921, elle distribua le charbon nécessaire à l'industrie et, d'avril 1919 à juillet 1920, elle répartit les wagons nécessaires au commerce des vins.
Elle a reçu, le 7 juin 1919, une mission américaine ayant à sa tête M. Mac Dougall Hawkes; le 4 septembre 1923, l'Exposition canadienne, présidée par l'honorable sénateur Beaubien; le 20 septembre 1923, la délégation des commerçants en vins belges, présidée par M. Delbruyère.
La Chambre de Commerce de Nîmes administre la Bourse de Commerce de Nîmes, créée par arrêté des consuls, le 13 messidor an IX. La Bourse de Nîmes comprend deux sections, une section des vins, composée de quatorze membres, et une section des grains, fourrages et farines, composée de six membres. Les membres de la Bourse de Commerce sont nommés par le préfet, sur présentation de la Chambre de Commerce.
Le département du Gard, par suite de la configuration de son sol qui s'élève, du niveau de la mer, jusqu'à l'altitude de 1.600 mètres environ (l'Aigoual a 1.567 mètres) possède de ce fait, les cultures les plus variées. Bien que la vigne occupe, dans la partie basse du département, principalement, une superficie très importante, le vin n'est pas comme dans les départements viticoles voisins, le seul produit de notre sol. Nous possédons cependant, sur nos coteaux et sur les bords du Rhône, des crus réputés qui peuvent rivaliser avec les meilleurs de France.
La culture du mûrier et l'élevage des vers à soie produit la belle soie des Cévennes. Malheureusement, par suite de la concurrence étrangère et du petit bénéfice qu'en retiraient les producteurs, l'élevage des vers à soie diminuait d'importance chaque année. La fabrique lyonnaise, comprenant la nécessité de maintenir un produit de première valeur, étudie, en ce moment même, les moyens d'augmenter la production de cette soie qui n'a pas de concurrents pour sa qualité. La soie des Cévennes est filée principalement dans le nord de notre département et dans les arrondissements d'Alais, Uzès et Le Vigan. Les fabriques de bas de soie dont une, au moins, est l'une des plus importantes de France, expédient dans le monde entier un article d'une perfection absolue. L'arrondissement du Vigan est, d'ailleurs, le berceau de cette industrie en France.
Le châtaignier, qui est cultivé également dans les hautes régions du département, a amené la création de fabriques d'extraits tanniques.
Nous possédons., dans la ville de Nîmes, qui est la troisième ville de France pour cette industrie, des fabriques de vêtements confectionnés pour hommes, qui occupent des milliers d'ouvriers.
De nombreuses fabriques de chaussures produisant principalement la chaussure d'enfant (dite fafiot) sont installées à Nîmes et dans la région.
La bonneterie de laine et de coton est produite à Nîmes, Sauve et Saint-Hippolyte-du-Fort.
L'arrondissement d'Uzès possède les plus anciennes et les plus importantes fabriques de réglisse de France. Les autres industries principales de la circonscription de Ia Chambre de Commerce de Nîmes sont : les verreries, à Pont-Saint-Esprit et Aiguesmortes; les tanneries, à Saint-Hippolyte-du-Fort, Nîmes, etc.; les fabriques de chapeaux, tresses et lacets, d'étoffes d'ameublement, de tapis, de bougies, de glycérine, à Nîmes; les poteries et briques réfractaires, à Saint-Quentin-la-Poterie; la poterie artistique, à Uzès; les fourches en bois, à Sauve; la vannerie, sur les bords du Rhône et du Gardon; la biscuiterie, confiserie, olives à la picholine, fabrique de morue à la brandade, à Nîmes; les produits chimiques et œnologiques, à Beaucaire; les cartonnages, à Bagnols; la distillation des plantes aromatiques et le commerce des plantes médicinales, à Nîmes; les salins d'Aiguesmortes et du Grau-du-Roi; les mines de Malines (plomb et zinc), à Saint-Laurent-le-Minier, et, à Vergèze, la source Perrier, dont les eaux sont consommées dans le monde entier.
Ainsi qu'on peut le voir par ce rapide exposé, la circonscription de la Chambre de Commerce de Nîmes possède des industries et des commerces très variés, dont certains ne se trouvent que dans le département du Gard.
